Les exportations maritimes de céréales russes ont reculé de 61,9 % sur un an en septembre, à près de deux millions de tonnes, sous l’effet de l’effondrement des expéditions depuis les ports de la mer Noire et de la mer d’Azov.
Au total, les exportations maritimes russes ont atteint six millions de tonnes depuis le début de la campagne, correspondant à une baisse de 61,9 % par rapport à la même période de la saison précédente.
Les terminaux de la mer Noire et de la mer d’Azov ont été particulièrement touchés : leurs expéditions ont chuté de 93,7 % en septembre, à environ 300 000 tonnes. Les attaques de drones ukrainiens et les perturbations du trafic maritime ont contraint les exportateurs russes à rechercher des itinéraires alternatifs.
Les ports du nord-ouest de la Russie sont ainsi devenus un débouché majeur. Plus de 60 % des céréales exportées par voie maritime y ont été chargées en septembre. Les expéditions via les ports de la mer Baltique ont atteint 1,2 million de tonnes, contre seulement 47 400 tonnes un an auparavant. Cette réorientation ne suffit toutefois pas à compenser les volumes perdus dans le Sud.
D’autres voies progressent également. Les exportations via la mer Caspienne, principalement à destination de l’Iran, ont augmenté de 45,7 %, à 400 000 tonnes. Les expéditions depuis les terminaux de l’Extrême-Orient ont progressé de 43,1 %, à 50 000 tonnes. Ces évolutions illustrent la réorganisation des circuits d’exportation céréalière de la Russie dans un contexte de guerre et de perturbation des infrastructures portuaires. La capacité des routes de remplacement à absorber durablement les volumes détournés reste toutefois limitée.
L’accord céréalier reste dans l’impasse
Par ailleurs, la Russie examine plusieurs propositions visant à sécuriser le transport des céréales en mer Noire et poursuit ses discussions avec la Turquie et d’autres pays. Mais à ce stade, il n’y a aucune perspective de relance de l’accord céréalier conclu en 2022 sous l’égide de l’ONU.
Elle étudie différentes propositions pour garantir la sécurité du transport des céréales en mer Noire, a déclaré lundi 26 octobre le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Alimov, cité par l’agence Interfax.
Conclue en juillet 2022 avec la médiation de la Turquie et des Nations unies, l’Initiative céréalière de la mer Noire avait permis l’exportation sécurisée de près de 33 millions de tonnes de produits agricoles ukrainiens. La Russie s’en est retirée en juillet 2023, dénonçant les obstacles persistants à ses propres exportations de produits alimentaires et d’engrais.
Depuis, Ankara tente de favoriser un mécanisme garantissant le passage des navires commerciaux, alors que Moscou et Kiev se rejettent la responsabilité des risques pesant sur la navigation.
La recherche d’un dispositif de sécurité intervient dans un contexte de fortes tensions militaires en mer Noire. La reprise des exportations à grande échelle dépendra notamment de garanties jugées acceptables par les parties et de la capacité à protéger les navires et les installations portuaires.