La question du “Chenguel” n’est plus un incident isolé ni une simple contrainte de circulation. Elle est devenue un quotidien que beaucoup de citoyens subissent. Et souvent sans comprendre les règles appliquées, les critères de décision ou les voies réelles de recours.
Enlever une voiture, immobiliser un véhicule ou infliger des frais ne devrait jamais relever de l’appréciation discrétionnaire d’un agent ou d’une pratique municipale floue. Cela doit reposer sur une loi claire, publique, uniforme et contrôlable.
Le problème est d’autant plus sensible que, dans plusieurs cas, l’activité de remorquage semble s’être transformée en un véritable business. A cet égard, les municipalités confient cette mission à des sociétés privées. Mais le citoyen ne doit pas payer le prix d’une gestion opaque, de contrats mal encadrés ou encore de pratiques imposées sans transparence. Lorsque la sanction devient une source de recettes, la frontière entre l’ordre public et l’intérêt financier risque de disparaître.
En parallèle, on tiendrait pour responsables de toutes les dérives les travailleurs de ce secteur. Pourtant, ils réclament, eux aussi, des conditions de travail définies, des procédures précises et une protection contre les tensions nées du mécontentement des automobilistes. Il s’agit donc d’un système qui oppose le citoyen à l’agent, sans cadre juridique solide, et qui ne protège ni l’un ni l’autre.
Ainsi, nous ne demandons pas la suppression de la fourrière ni l’abandon du respect des règles de stationnement. Nous demandons simplement le droit de contester une décision sur la base d’une loi claire. A savoir : un reçu détaillé, une identification du motif, des tarifs officiels, un délai de recours et une instance indépendante d’examen des plaintes.
L’ordre public ne se construit pas par la peur ni par l’arbitraire. Il se construit par la règle, la transparence et la responsabilité. Ce que nous refusons, c’est une jungle où certains imposent leurs diktats au nom d’une légalité qu’ils ne respectent pas toujours eux-mêmes. Le citoyen n’est pas une mine d’or : il est un usager qui a droit à l’application de la loi et non pas à l’improvisation.