Une hausse de l’ordre de 100 points de base a touché les taux longs de tous les grands pays de l’OCDE. Un marché obligataire lourdement déstabilisé par les craintes liées aux tensions sur le prix du pétrole, les risques inflationnistes qui en résultent et les niveaux alarmants de la dette publique. La hausse des taux longs américains risque d’atteindre 6% pour la première fois en 26 ans.
La France, quant à elle, emprunte, aujourd’hui, à des taux d’intérêt supérieurs à ceux de la Grèce (13 octobre 2026 : 4,83% sur l’OAT française à 10 ans contre 4,36% pour l’obligation grecque de même maturité) !? Dérapage budgétaire oblige.
Plusieurs facteurs expliquent cette hausse des taux. Les anticipations inflationnistes alimentées par les tensions géopolitiques et leurs retombées sur le cours des hydrocarbures, la hausse de la facture des frets maritimes et la flambée des prix des produits alimentaires sont autant de facteurs qui nourrissent les anticipations inflationnistes et poussent les taux longs à la hausse.
L’intelligence artificielle (IA) a aussi sa part de responsabilité. Les investissements lourds dans les data centers et la recherche en IA justifient le recours à l’endettement.
La montée des besoins de financement alourdit la dette. Le recours croissant aux marchés financiers, soit pour servir la dette, soit pour financer la transition écologique, génère une dégradation des ratios d’endettement et davantage de tensions sur les taux d’intérêt.
L’intelligence artificielle (IA) a aussi sa part de responsabilité. Les investissements lourds dans les data centers et la recherche en IA justifient le recours à l’endettement. Les investisseurs du secteur sont prêts à avaler toutes les couleuvres de la hausse des taux d’intérêt, du moment que les gains de productivité débouchent sur des niveaux de rentabilité élevée.
Tant que les prix des hydrocarbures demeurent à un niveau élevé, tant que la menace inflationniste plane sur l’économie mondiale et tant que les déficits publics continuent de se creuser, les taux longs ne peuvent que progresser. Cerise sur le gâteau, un contexte bourré d’incertitudes, obligeant les investisseurs à exiger une prime (un spread) majorant les taux d’intérêt pour accepter de prêter à long terme. De ce fait, davantage de montée des taux et de durcissement des conditions de financement pour les économies piégées dans les méandres de la soutenabilité de la dette.
Tant que les prix des hydrocarbures demeurent à un niveau élevé, tant que la menace inflationniste plane sur l’économie mondiale et tant que les déficits publics continuent de se creuser, les taux longs ne peuvent que progresser.
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Cette tribune est parue dans le numéro 956 de L’Economiste Maghrébin du 21 octobre au 4 novembre 2026.