L’expert en économie Ridha Chkoundali estime que le prix Nobel d’économie 2026 attribué à Robert Hall et Michael Woodford valide sa critique de la politique monétaire tunisienne. Il souligne que l’inflation en Tunisie ne provient pas principalement d’un excès de consommation, mais de chocs d’offre, de coûts de production élevés, de pénuries, de l’inflation importée et d’un déficit de confiance.
S’appuyant sur la théorie du revenu permanent, les anticipations rationnelles et la rigidité des prix, il soutient que la hausse des taux d’intérêt ne peut pas, à elle seule, résoudre une inflation d’origine structurelle. Elle risque même de réduire l’investissement et la production, aggravant ainsi la pénurie et les pressions inflationnistes.
Il appelle donc la Banque centrale de Tunisie à dépasser une approche centrée sur la restriction du crédit, pour privilégier la transparence, la crédibilité institutionnelle, la coordination des politiques publiques, la relance de l’offre productive, la réforme des circuits de distribution, la lutte contre les monopoles et un meilleur ciblage des soutiens sociaux.
D’ailleurs, il est souligner, à la suite du Comité Nobel, que Robert Hall (en 1978) et Michael Woodford (notamment avec son modèle néo-keynésien complet publié en 2003) ont démontré tous les deux que les décisions macroéconomiques ne peuvent pas être calculées sans comprendre le comportement individuel des ménages et des entreprises. Autrement dit, c’est pour leurs travaux sur les fondements microéconomiques de la stabilisation macroéconomique qu’ils ont été couronnés du prix Nobel d’économie en cette année 2026.