La Tunisie a signé un Pacte national pour la santé visant à accélérer la transformation numérique du secteur et à renforcer la couverture sanitaire universelle. Le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, a insisté sur la nécessité de passer rapidement à la mise en œuvre des accords conclus lors de la première édition Tele Health Connect 2026.
À l’occasion de la cérémonie de signature du Pacte national pour la santé, a souligné que la numérisation du secteur permet de réduire les difficultés liées aux déplacements des patients, notamment les coûts financiers et les contraintes physiques. Cette transformation s’inscrit dans l’objectif de parvenir à une couverture sanitaire universelle.
Il a appelé à passer de la signature des accords à la mise en œuvre concrète des initiatives annoncées, notamment dans le domaine de la santé mentale. Il a également indiqué que cette édition avait ouvert de nouvelles perspectives de coopération avec plusieurs pays, organisations internationales et start-up tunisiennes.
Plus de 35 pays, ainsi que des experts internationaux et des ministres, ont participé à ce sommet. Selon le ministre, la Tunisie dispose des atouts nécessaires pour devenir un pays de référence dans le domaine de la santé numérique, notamment grâce au développement des hôpitaux numériques et à l’utilisation de l’intelligence artificielle.
Mustapha Ferjani a insisté sur la nécessité de faire des données numériques un instrument de souveraineté, de renforcer la protection des données personnelles et de garantir l’autonomie de la Tunisie dans ce domaine.
Il a par ailleurs annoncé la tenue, en décembre au Japon, d’une réunion consacrée à l’élaboration, avec les partenaires de la Tunisie, d’une feuille de route pour la couverture sanitaire universelle. Cette feuille de route devra préciser les priorités, le calendrier de mise en œuvre et les modalités d’évaluation de l’impact des initiatives engagées.
De son côté, le ministre des Technologies et de la Communication, Sofiene Hemissi, a affirmé que la transformation numérique devait contribuer à développer le système de santé, à élargir l’accès aux services médicaux et à réduire les disparités régionales.
Il a présenté quatre priorités. A savoir, le développement du système national intégré d’information sanitaire et un dossier médical numérique partagé, l’accélération du développement de la télémédecine et du projet d’hôpital numérique. Il en va de même de l’utilisation de l’intelligence artificielle et les données pour améliorer la santé publique, notamment la veille épidémiologique et la planification. Et enfin la garantie de l’inclusion numérique et réduire les inégalités entre les régions et les catégories sociales.
Le ministre a insisté sur la nécessité de protéger les données de santé, de renforcer la cybersécurité et de préserver le contrôle humain dans l’utilisation de l’intelligence artificielle.
Il a également appelé à une meilleure coordination entre les ministères et les institutions concernées, ainsi qu’à un renforcement des partenariats avec l’Organisation mondiale de la santé, l’Union internationale des télécommunications, les entreprises technologiques, les centres de recherche et les start-up tunisiennes.
Selon lui, la réussite de la santé numérique ne doit pas être mesurée par le nombre de plateformes lancées, mais par son impact concret sur la vie des citoyens : réduction des délais d’attente, amélioration de l’accès aux soins spécialisés, meilleure disponibilité des médicaments et amélioration du parcours des patients.
Présente lors de cet événement, Keiko Inoue, Directrice régionale des pratiques dans les domaines de l’éducation et des compétences, du genre, de la santé et des politiques sociales pour la région du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, de l’Afghanistan et du Pakistan auprès de la Banque mondiale s’est félicitée de participer à la cérémonie de signature du Pacte national pour la santé en Tunisie. Elle a salué les innovations tunisiennes dans le domaine de la santé numérique, soulignant que la Tunisie était le seul des seize pactes nationaux pour la santé en cours de signature à accorder une place aussi importante à la transformation numérique.
Elle a rappelé le soutien apporté au gouvernement tunisien pendant la pandémie de Covid-19, notamment dans le domaine de la préparation et du renforcement du système national de santé.
Elle a estimé que la Tunisie était désormais prête à franchir une nouvelle étape dans le développement de son système de santé et a réaffirmé la volonté de la Banque mondiale de continuer à soutenir le pays sur la voie de la couverture sanitaire universelle et de la santé numérique.