Lundi 14 septembre, Aliko Dangote donnait le coup d’envoi de la plus grande introduction en Bourse jamais organisée en Afrique. Il veut convaincre des millions de Nigérians de devenir actionnaires de la raffinerie qui a bouleversé le marché des carburants du pays.
Les chiffres donnent le vertige. Le groupe propose 4,1 milliards d’actions à 525 nairas pièce, ce qui pourrait lui rapporter jusqu’à 2,15 billions de nairas, soit 1,6 milliard de dollars. La souscription court jusqu’au 13 octobre. En cas de forte demande, l’offre pourrait être gonflée de 30 %, avec l’accord du régulateur.
Cet argent a une destination précise : doubler la capacité de l’usine, de 700 000 à 1,4 million de barils par jour. Construite pour environ 20 milliards de dollars aux portes de Lagos, elle a profité des tensions d’approvisionnement liées à la guerre en Iran pour exporter du kérosène jusqu’en Europe.

Un prix plus élevé pour les particuliers
Les institutionnels entrés en juillet, lors d’un placement privé de 2,5 milliards de dollars, ont payé sur la base d’une valorisation de 40 milliards. L’IPO la porte à près de 49 milliards. Les particuliers achètent donc plus cher.
Les opérateurs de marché anticipent en outre une demande plusieurs fois supérieure à l’offre. Le placement de juillet avait déjà été sursouscrit de 270 %. Beaucoup d’investisseurs pourraient donc n’obtenir qu’une partie de leurs titres, le reste étant remboursé.
Prochaine étape : la cotation
L’arrivée à la Bourse nigériane est attendue en novembre, après validation de l’allocation. Dangote laisse aussi entrevoir une cotation secondaire aux États-Unis, et l’entrée en bourse, à terme, de l’ensemble de son groupe.