Les principaux mécanismes qui avaient permis de contenir la hausse des cours du pétrole depuis le début de la guerre avec l’Iran sont désormais largement épuisés. C’est ce qu’affirme le PDG de Chevron, Mike Wirth.
Le marché mondial du pétrole entre dans une phase particulièrement vulnérable. Les réserves et autres mécanismes de sécurité qui avaient permis d’amortir le choc provoqué par la guerre avec l’Iran sont désormais largement épuisés, ce qui pourrait favoriser une nouvelle progression des cours dans les prochains mois, a averti, vendredi 11 septembre, Mike Wirth, PDG de Chevron.
Depuis le début du conflit, fin février, plusieurs pays ont puisé dans leurs réserves stratégiques afin d’alimenter le marché et de limiter la flambée des prix. Les États-Unis avaient également assoupli certaines restrictions concernant du pétrole stocké à bord de navires et soumis à des sanctions. Ces mesures ont contribué à absorber une partie du déficit d’approvisionnement, mais leurs effets s’estompent désormais.
Cette situation intervient alors que les tensions géopolitiques continuent de peser lourdement sur l’offre mondiale. Les perturbations du trafic pétrolier dans le golfe Persique, notamment autour du détroit d’Ormuz, s’ajoutent aux attaques ukrainiennes contre des installations pétrolières russes. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que les perturbations liées aux conflits pourraient entraîner une forte contraction de l’offre mondiale en 2026.
Les conséquences se font déjà sentir sur les produits raffinés. Aux États-Unis, le prix moyen du diesel a dépassé pour la première fois 6 dollars le gallon, sous l’effet conjugué de la guerre avec l’Iran et des perturbations affectant les capacités de raffinage russes. Dans le même temps, le Brent se dirigeait vendredi 11 septembre vers une hausse hebdomadaire d’environ 8 %, après avoir franchi les 100 dollars le baril.
Chevron est elle-même directement concernée par ces risques géopolitiques. Le groupe exploite notamment le gigantesque champ pétrolier de Tengiz, au Kazakhstan, et participe au Caspian Pipeline Consortium, qui transporte le brut vers la mer Noire. Mike Wirth a indiqué que les activités de la compagnie dans la région avaient récemment moins subi de perturbations après des contacts entre l’administration américaine et l’Ukraine concernant les attaques contre les infrastructures pétrolières…