Le Brent pour livraison novembre a progressé de 3,29 dollars, soit 3,4 %, pour clôturer à 101,21 dollars le baril, après avoir atteint 101,58 dollars en séance. Le WTI américain a gagné 3,02 dollars, soit 3,25 %, à 96,05 dollars. Les deux références ont ainsi atteint leur plus haut niveau depuis le 22 mai 2026. Le Brent avait déjà brièvement dépassé les 100 dollars en juillet, avant de retomber sous ce seuil.
Depuis le début du mois de septembre, les cours ont fortement accéléré. Le Brent affiche désormais une progression d’environ 25 % depuis le début du mois d’août et de plus de 60 % depuis le début de l’année.
Cette nouvelle flambée intervient après une série d’attaques visant des navires et des infrastructures énergétiques. L’Iran a annoncé avoir attaqué dix navires à proximité du détroit d’Ormuz, tandis que les forces américaines ont détruit cinq pétroliers iraniens. Parallèlement, les rebelles houthis, alliés de Téhéran, ont mené des attaques contre des installations énergétiques en Arabie saoudite…
Des stocks mondiaux de plus en plus sollicités
Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), les stocks mondiaux ont diminué d’environ 400 millions de barils depuis le début de l’année. Cette tendance devrait se poursuivre jusqu’à la fin de 2026.
La production pétrolière du Moyen-Orient est également fortement affectée. Les capacités mises à l’arrêt dans la région ont atteint 6,7 millions de barils par jour en août, contre 5 millions en juillet. L’EIA estime que les interruptions devraient encore représenter en moyenne 5,7 millions de barils par jour au quatrième trimestre. Elle ne prévoit pas un retour complet de la production et des exportations régionales aux niveaux d’avant-guerre avant le deuxième trimestre 2027.
Face à cette dégradation des perspectives, l’EIA a relevé mercredi ses prévisions de prix, et table désormais sur un prix moyen du Brent de 91 dollars le baril en 2026, soit près de 5 % de plus que sa précédente estimation. Le WTI est attendu en moyenne à 84,65 dollars.
Ces prévisions ont toutefois été établies avant la dernière aggravation des tensions. Elles pourraient donc encore être révisées si les attaques contre les navires et les infrastructures énergétiques se poursuivent…
Le marché face au risque d’une crise prolongée
La question centrale pour les marchés est désormais la durée des perturbations. Tant que le trafic maritime à travers le détroit d’Ormuz restera fortement réduit et que les infrastructures énergétiques de la région seront exposées aux attaques, la prime géopolitique devrait rester élevée.
À court terme, l’évolution des cours dépendra donc moins de la demande mondiale que de la capacité des États-Unis et de l’Iran à éviter une nouvelle extension du conflit et à rétablir la circulation normale des hydrocarbures dans le Golfe.