Les marchés actions européens ont reculé jeudi 20 août, pénalisés par la remontée des cours du pétrole et la crainte d’un regain durable de l’inflation.
Les Bourses européennes ont terminé en baisse jeudi 20 août, alors que la remontée des prix du pétrole ravive les inquiétudes concernant l’inflation et la trajectoire des taux d’intérêt. L’indice paneuropéen STOXX 600 a cédé 0,12 % à 650,35 points, enregistrant une septième séance consécutive de baisse, sa plus longue série de repli depuis septembre 2023.
La hausse des prix de l’énergie constitue désormais le principal facteur de pression sur les marchés. Le Brent a progressé de 2,2 % et repassé au-dessus de 90 dollars le baril, dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient et d’impasse dans les discussions entre Washington et Téhéran.
Les investisseurs redoutent qu’une hausse durable des prix de l’énergie ne se transmette rapidement aux autres composantes de l’inflation. La perspective d’une reprise des flux énergétiques à travers le détroit d’Ormuz demeure incertaine, ce qui entretient la prime de risque sur le pétrole.
Cette situation pourrait également compliquer la tâche de la Banque centrale européenne. Après la remontée de l’inflation de la zone euro à 2,9 % en juillet, contre 2,8 % en juin, les marchés s’interrogent davantage sur la possibilité d’un maintien prolongé des taux à des niveaux élevés.
Les obligations offrent un répit
La séance aurait toutefois pu être plus difficile sans le redressement des marchés obligataires mondiaux. L’intervention du Trésor américain, qui a annoncé une augmentation de ses rachats de dette à long terme, a contribué à calmer temporairement les tensions sur les rendements et à améliorer la liquidité. Cette détente a permis de limiter la pression sur les actions européennes, même si elle n’a pas suffi à inverser la tendance.
Le mouvement a favorisé les valeurs énergétiques, dont l’indice sectoriel européen a gagné environ 0,9 %, porté par la progression du brut. À l’inverse, les secteurs fortement exposés aux coûts du carburant ont subi davantage de pression : les valeurs du voyage et des loisirs ont reculé d’environ 0,7 %.
À Paris, le CAC 40 a perdu 0,6 %, pénalisé notamment par le recul des valeurs du luxe. D’autres places européennes ont également évolué dans le rouge.
Une équation de plus en plus délicate
Pour les marchés européens, le problème dépasse désormais les fluctuations quotidiennes des cours. La combinaison d’un pétrole plus cher, d’une inflation supérieure à l’objectif de la BCE et de rendements obligataires élevés pourrait maintenir la pression sur les valorisations boursières.
Les investisseurs surveilleront donc de près l’évolution des prix de l’énergie et les prochaines données d’inflation. Une prolongation des tensions au Moyen-Orient pourrait transformer le rebond temporaire du pétrole en nouveau choc inflationniste, compliquant davantage les perspectives de baisse des taux en Europe.