Industrie en recul, dinar affaibli, facilités de la Banque centrale à 11 milliards de dinars : la Commission des finances et du budget de l’ARP a ouvert, mercredi, ses travaux sur le projet de budget de l’État 2027 et sur l’exécution du budget jusqu’à fin juin 2026.
La Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a commencé, mercredi, l’étude de deux documents : les grandes orientations du projet de budget de l’État pour l’exercice 2027 et le niveau d’exécution du budget de l’État jusqu’à fin juin 2026. Le président de la commission, Maher Ketari, a rappelé que la préparation du budget 2027 se déroule parallèlement à celle du Plan de développement quinquennal 2026-2030. Ce plan table sur un taux de croissance de 4%.
Selon lui, atteindre cet objectif suppose de donner une impulsion à l’industrie, qu’il décrit comme « la colonne vertébrale de l’économie ». Il a relevé que la part de ce secteur dans le produit intérieur brut (PIB) est passée de 26% au début des années 2000 à 15% aujourd’hui. Maher Ketari a également insisté sur la nécessité de travailler au rétablissement de la valeur du dinar, dont le taux de change face aux autres devises a enregistré une baisse depuis 2011.
S’agissant du document sur l’exécution du budget 2026 au cours du premier semestre, le président de la commission a indiqué que les membres ont demandé des précisions supplémentaires. Elles concernent en particulier les facilités accordées par la Banque centrale au Trésor public, qui ont atteint 11 milliards de dinars, ainsi que l’affectation de ces fonds.
La commission souhaite aussi disposer de plus d’informations sur les garanties apportées par l’État aux entreprises publiques lorsqu’elles contractent des prêts, et sur l’incidence de ces garanties sur les finances publiques. Les répercussions de la hausse des prix du pétrole sur le budget figurent également parmi les points sur lesquels elle attend des éclaircissements. Dans ce cadre, Maher Ketari a estimé que l’absence de hausse prévue des prix de l’essence contribuera à préserver le pouvoir d’achat des citoyens.
Le président de la commission a enfin précisé que la ministre des Finances a été invitée à prendre part aux réunions consacrées à l’examen de ces deux documents et à y présenter ses remarques. Cette étape précédera l’ouverture du débat sur le projet de loi de finances.