La Tunisie connaît depuis plusieurs jours des tensions d’approvisionnement en eau minérale conditionnée dans plusieurs régions du pays. Face à l’inquiétude des consommateurs, la Chambre syndicale nationale de l’industrie des boissons non alcoolisées, dans un communiqué, monte au créneau pour expliquer et rassurer.
Le diagnostic officiel est simple : une chaleur exceptionnelle a provoqué une demande inhabituelle, épuisant les stocks de sécurité des producteurs. Les 31 unités de production réparties sur le territoire tournent désormais à plein régime pour rétablir l’approvisionnement. Aucune spéculation, aucune rétention de marchandise, assure la Chambre – et la structure du marché lui donne un argument : aucun acteur ne détient plus de 25 % de parts de marché, écartant toute position dominante.
Soit. Mais le communiqué glisse un peu vite sur le deuxième facteur : les coupures d’électricité récurrentes qui ont contraint plusieurs unités de production à l’arrêt, parfois plusieurs jours, nécessitant des interventions techniques avant tout redémarrage. La chaleur fait vendre plus d’eau, certes. Mais ce sont bien les pannes électriques qui ont cassé la chaîne de production, un problème structurel que la Chambre qualifie pudiquement de « circonstances exceptionnelles ».
La ficelle est un peu grosse. En plein été tunisien, les coupures d’électricité ne sont ni exceptionnelles ni imprévisibles. Elles sont chroniques. Et si les producteurs d’eau minérale ont été pris de court, c’est moins par la canicule que par un réseau électrique défaillant auquel personne – ni les industriels ni les pouvoirs publics – n’a apporté de réponse durable.
La Chambre appelle les distributeurs à éviter tout stockage inhabituel et les consommateurs à « maintenir un rythme d’achat normal ». Un conseil de bon sens, mais qui revient, implicitement, à demander aux citoyens de s’adapter aux défaillances du système plutôt qu’à exiger que le système fonctionne.
Les tensions devraient se résorber, promet la filière. Jusqu’à la prochaine canicule.