Aux États-Unis, la génération née après 1995 affiche le plus faible niveau d’épargne rapporté à ses dépenses parmi les générations étudiées. Malgré cette fragilité financière, les jeunes consommateurs continuent de soutenir leurs dépenses, notamment dans la beauté, les voyages, le café et les bijoux.
La génération Z affiche un paradoxe financier. Elle épargne moins que toutes les autres générations américaines par rapport à son niveau de dépenses, mais continue parallèlement à consommer à un rythme soutenu. C’est l’un des principaux enseignements de l’étude « The Gen Z Reality Check » publiée par le Bank of America Institute le 10 août. L’analyse s’appuie notamment sur les données de transactions par cartes bancaires, les dépôts et les paiements des clients de la banque aux États-Unis.
Selon l’étude, la Gen Z présente le ratio médian épargne-dépenses le plus faible de toutes les générations. Ce ratio est inférieur à 0,5. Ce qui signifie que l’épargne accumulée par le ménage médian de cette génération reste inférieure à ses dépenses mensuelles.
À l’inverse, les baby-boomers affichent le ratio d’épargne le plus élevé. Cette faible capacité d’épargne ne traduit toutefois pas un désintérêt total pour la préparation financière. Une partie de la Gen Z commence à épargner pour sa retraite plus tôt que les générations précédentes. Mais beaucoup de jeunes continuent également de bénéficier d’un soutien financier de leurs parents ou d’autres membres de leur famille.
La consommation demeure par ailleurs solide. Beauté, bijoux, café et voyages figurent parmi les secteurs qui bénéficient particulièrement de leurs dépenses. Face à la pression sur leur budget, les jeunes cherchent également à multiplier leurs sources de revenus. La « gig economy » et le commerce via les réseaux sociaux constituent des pistes privilégiées.
La Gen Z adopte parallèlement plus rapidement les services financiers numériques. Son utilisation des fintechs progresse plus vite que celle des autres générations, confirmant son affinité avec les applications et les nouveaux outils financiers.
Autre enseignement de l’étude : le traditionnel modèle de consommation en « K », marqué par une forte divergence entre ménages aisés et modestes, apparaît moins prononcé chez la Gen Z. La progression des dépenses reste relativement forte dans les différentes catégories de revenus. La génération Z apparaît ainsi comme une génération à la fois financièrement fragile, fortement consommatrice et particulièrement ouverte aux nouveaux modes de paiement et de revenus.