L’amélioration de la gouvernance des projets publics, la transparence des coûts et la prise en compte de la maintenance figurent parmi les principales recommandations formulées dans le cadre de l’étude sur le plan de développement 2026-2030. Charfeddine Yakoubi, l’expert en gouvernance qui y a participé a appelé à mieux encadrer les grands projets, à réduire les retards et à renforcer les investissements, notamment dans l’énergie, pour éviter les surcoûts et les coupures récurrentes.
L’objectif est d’améliorer la gestion des projets d’investissement publics, qui mobilisent des montants considérables et ont un impact direct sur la vie des citoyens, l’économie et l’environnement. Il est donc essentiel de limiter les retards, de réduire les surcoûts et d’assurer une gouvernance efficace de ces projets.
C’est dans ce sens que s’inscrivent les recommandations formulées à l’issue de l’étude consacrée au plan de développement 2026-2030. Selon Charfeddine Yakoubi, l’enjeu est de mieux encadrer les grands projets publics, souvent estimés à plus de 500 millions de dinars, afin qu’ils soient réalisés dans les délais et selon les normes internationales. Et ce lors d’une déclaration exclusive à leconomistemaghrébin.com
Il a également souligné qu’il ne fallait pas prolonger indéfiniment la durée des projets. À ses yeux, un projet ne devrait pas s’étaler sur 10 ou 15 ans, mais plutôt être limité à une période de 3 à 4 ans, pour éviter l’essoufflement, les retards et la dégradation de l’impact attendu.
L’un des points les plus sensibles concerne la transparence des coûts. L’expert a relevé l’absence d’informations précises sur les coûts réels des projets, ainsi que des écarts entre les données publiées par les bailleurs de fonds et celles figurant sur les sites officiels du ministère. Il a aussi insisté sur la nécessité de prendre en compte non seulement les coûts financiers directs, mais aussi les coûts économiques, sociaux et environnementaux.
Il a en outre appelé à une meilleure coordination institutionnelle, à davantage de transparence, à une meilleure gestion des risques, ainsi qu’à des études d’évaluation non seulement en amont, mais aussi après la réalisation des projets. L’objectif est de pouvoir mesurer leur coût réel, leur efficacité et leur impact concret, par exemple sur la sécurité routière, l’usage des infrastructures ou les bénéfices économiques attendus.
Le sujet de la maintenance a également été mis en avant, notamment à travers l’exemple des stations d’épuration et des réseaux électriques. Selon lui, trop de projets sont réalisés sans que soient suffisamment anticipés les coûts d’entretien, d’énergie, de personnel et de gestion quotidienne, ce qui conduit à leur abandon après quelques années d’utilisation.
Sur la question des coupures d’électricité, l’expert a estimé qu’il s’agissait avant tout d’un problème d’investissement et de maintenance. La consommation a augmenté rapidement, mais les investissements nécessaires n’ont pas suivi le même rythme. À cela s’ajoutent des réseaux et des stations insuffisamment entretenus, aggravés par les effets du réchauffement climatique.
À court terme, la solution passe selon lui par une meilleure maîtrise de la consommation et par des campagnes de sensibilisation. Mais la réponse durable repose surtout sur l’accélération de l’investissement dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les infrastructures de base, ainsi que sur la mobilisation des financements nécessaires pour éviter la répétition de ces crises à l’avenir.