Le Tunisia Global Forum revient pour une 3e édition placée sous le signe de l’intelligence artificielle, un enjeu devenu central dans les transformations économiques, sociales et technologiques.
Rencontré en marge de cet événement, Anis Bennaceur, cofondateur et CEO d’Attention, start-up basée à New York et spécialisée dans l’IA appliquée aux ventes B2B, estime dans une déclaration exclusive à L’Économiste Maghrébin, que la Tunisie doit rattraper son retard dans l’adoption de ces technologies. Il souligne toutefois que les usages avancés de l’intelligence artificielle progressent déjà sur le terrain et que l’écosystème tunisien dispose de solides atouts pour accélérer.
Evoquant le lancement de son entreprise, Anis Bennacur, explique avoir lancé son entreprise en 2022 avec son associé, après avoir constaté, dans une expérience entrepreneuriale précédente, les limites des outils de suivi commercial traditionnels. Leur solution, d’abord conçue pour automatiser le remplissage du CRM à partir des échanges commerciaux, s’est progressivement enrichie afin de capter un ensemble plus large de signaux, allant des conversations enregistrées aux messages échangés sur Teams, Slack ou par e-mail, ainsi qu’à des données externes liées à l’activité des entreprises clientes.
Selon lui, la création d’Attention repose sur une intuition née dès 2020, au moment de l’émergence des premiers grands modèles de langage, notamment GPT-3.
À cette époque, dit-il, l’IA offrait déjà la possibilité de transformer des conversations non structurées en informations exploitables, ouvrant la voie à de nouveaux usages dans les équipes commerciales. Il rappelle que l’essor de ChatGPT a ensuite popularisé ces technologies, mais que les fondations étaient déjà en place.
Interrogé sur l’évolution de l’intelligence artificielle et sur la place de la Tunisie dans cette dynamique, Anis Bennaceur juge que le marché reste encore largement sous-exploité, y compris aux États-Unis. Il estime que la majorité des entreprises n’a pas encore intégré pleinement ces outils et que le retard observé dans certains pays pourrait être comblé progressivement par les utilisateurs eux-mêmes.
À ses yeux, la Tunisie dispose déjà de profils capables d’adopter et de diffuser ces pratiques, même si cette transition prendra du temps. Il conclut en soulignant: “ Il y a énormément de fondateurs tunisiens qui font des choses exceptionnelles”, tout en se disant très optimiste quant à l’évolution de l’écosystème du pays.