La mise à jour de mai 2026 du Global Investment Risk and Resilience Index, publiée par Henley & Partners et AlphaGeo, révèle une amélioration significative de la perception du risque en Afrique. Neuf économies africaines intègrent désormais le Top 100 mondial, contre seulement trois lors de l’édition précédente d’octobre 2025, une progression remarquable dans un contexte international pourtant marqué par un ralentissement économique, des tensions géopolitiques et une volatilité financière persistante.
Maurice domine le classement continental à la 61ᵉ place mondiale, devançant la Tanzanie (62ᵉ) et le Botswana (63ᵉ). Les Seychelles (79ᵉ), le Cap-Vert (88ᵉ), la Namibie (90ᵉ), l’Afrique du Sud (95ᵉ), le Maroc (98ᵉ) et le Rwanda (100ᵉ) complètent ce groupe d’économies désormais mieux perçues par les investisseurs internationaux.
La Tunisie, quant à elle, se positionne au 14ᵉ rang africain et à la 111ᵉ place mondiale, un classement qui la place dans le peloton de tête des économies émergentes du continent, aux côtés de l’Algérie (10ᵉ, 102ᵉ mondial) et de la Côte d’Ivoire (12ᵉ, 108ᵉ). Ce rang témoigne d’une reconnaissance mesurée mais réelle des progrès accomplis, même si le pays reste en retrait par rapport aux nations du Top 100.
Le rapport innove en évaluant non seulement le niveau de risque, mais également la résilience des économies, c’est-à-dire leur capacité à absorber les chocs tout en préservant leur attractivité. Cette résilience repose sur des facteurs tels que la stabilité macroéconomique, la gouvernance, la solidité financière ou encore l’adaptation climatique. Les économies les mieux classées partagent des caractéristiques communes : institutions relativement stables, diversification économique et dépendance limitée aux matières premières.
Le Maroc, huitième africain et 98ᵉ mondial, illustre cette dynamique avec un score de risque de 37,2 sur 100 et un indice de résilience de 48,03. Ses atouts résident dans l’investissement, ses comptes extérieurs et sa marge de manœuvre fiscale, même si l’innovation et la complexité économique offrent encore des marges de progression.
Malgré ces avancées, l’Afrique demeure marquée par de profondes disparités. La Côte d’Ivoire (108ᵉ), le Sénégal (128ᵉ), le Ghana (140ᵉ) et le Nigeria (147ᵉ) subissent encore des vulnérabilités structurelles : infrastructures insuffisantes, endettement élevé, instabilité politique et forte exposition aux chocs extérieurs. La position de la Tunisie, bien qu’honorable, s’inscrit dans ce contexte contrasté où les réformes structurelles restent déterminantes pour améliorer durablement son profil de risque.
Le rapport souligne que l’avenir de l’attractivité du continent dépendra moins de ses ressources naturelles que de sa capacité à renforcer sa gouvernance, son environnement réglementaire et sa résilience face aux crises, plaçant les réformes de long terme au cœur des stratégies d’investissement.