Donald Trump répète depuis des semaines qu’il croit possible de parvenir à un accord pour mettre fin au conflit avec l’Iran. Mais la détermination d’Israël à poursuivre ses propres objectifs souligne le peu de contrôle dont dispose en définitive le président américain sur le règlement de cette crise.
Comme le souligne Bloomberg, la dernière « crise » entre Trump et Netanyahu fait suite à la récente escalade militaire israélienne contre le Hezbollah au Liban, qui a provoqué d’intenses échanges téléphoniques entre les deux dirigeants. Ils ont présenté des versions différentes de l’accord conclu, le président américain évoquant un cessez-le-feu plus large que celui que son homologue était prêt à déclarer.
Cette divergence de vues met en péril les fragiles négociations entre Washington et Téhéran. Ce dernier insistant sur le fait que le Liban faisse partie de tout accord de paix.
La décision de Téhéran de suspendre les négociations avec Washington fait suite aux menaces de nouvelles frappes contre Beyrouth proférées par Netanyahu. Israël affirme que sa campagne contre le Hezbollah est cruciale pour sa propre sécurité et celle de la région…
Rappelons que les États-Unis et Israël ont déclenché la guerre ensemble, en lançant des attaques conjointes contre l’Iran fin février. Mais des signes de dissension entre eux pourraient désormais compliquer les efforts de Trump pour y mettre fin. Selon un article d’Axios, la conversation téléphonique houleuse de cette semaine a notamment inclus des insultes de la part de Trump. Celui-ci accuse Netanyahu d’ingratitude.
Trump tente également de convaincre le monde, y compris les investisseurs du marché pétrolier, qu’il peut sortir d’un cercle vicieux de conflit.
Lorsqu’un cessez-le-feu provisoire a été conclu entre les États-Unis et l’Iran début avril, Israël a intensifié sa campagne au Liban, et l’Iran a alors menacé de se retirer des négociations. Trump s’est entretenu par téléphone avec Netanyahu, et le dirigeant israélien s’est engagé à mettre fin aux attaques – un scénario qui s’est plus ou moins répété ces deux derniers jours.
Les négociateurs américains et iraniens continuent également de s’attaquer à plusieurs autres points de blocage, notamment la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz et l’avenir des fonds iraniens gelés à l’étranger.
Les alliés des États-Unis dans le monde arabe et en Europe ont également appelé à la fin du conflit au Liban. Mais les combats se sont poursuivis durant la nuit, des attaques ayant été signalées des deux côtés. Plus de 3 000 personnes ont été tuées et environ un million de déplacées.
Netanyahu a confirmé un cessez-le-feu préliminaire dans le nord du Liban, mais a clairement indiqué qu’Israël poursuivrait ses opérations dans le sud du pays.
La chaîne de télévision Al Manar du Hezbollah a rapporté mardi 2 juin que le groupe avait reçu deux propositions de cessez-le-feu des États-Unis pour mettre fin aux hostilités avec Israël et a confirmé qu’il discutait de celle soumise par Donald Trump. Tout en insistant sur le fait qu’elle devait inclure un « cessez-le-feu complet et sans exception ».