Le Paris Saint-Germain (PSG) est à nouveau champion d’Europe. Une victoire sportive pour la capitale française, mais aussi une victoire pour le soft power de son propriétaire étatique : le Qatar. Sa stratégie d’investissement et de communication autour du PSG s’inscrit elle-même dans une stratégie de diplomatie par le sport. Celle-ci est un succès incontestable et représente un atout non négligeable au moment où la monarchie du Golfe vit une période sous tension et au rythme de la guerre en Iran.
Sport, football et Soft power
Qu’il s’agisse d’un moyen ou d’une finalité, la puissance n’est pas réductible au déterminant traditionnel de la force militaire. La notion de soft power théorisée par J. Nye (devenue extrêmement populaire au tournant des années 2000) traduit ainsi l’idée de pouvoir atteindre ses objectifs, sans recours à la force, par la « capacité à séduire ».
En tant que pratique internationale, le soft power inclut divers types de stratégies d’influence, dont la rétribution et la persuasion/séduction.
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Le soft power, tel que décrit par Joseph Nye, ne se confond pas avec la propagande, le lobbying et la « diplomatie publique », qui vise à convaincre du caractère fondé et juste de sa politique étrangère à travers la construction et la propagation d’un narratif. Les stratégies d’influence illustrent la sophistication et la multiplication des vecteurs de puissance.
Qu’il s’agisse d’un moyen ou d’une finalité, la puissance n’est pas réductible au déterminant traditionnel de la force militaire. La puissance internationale est le produit d’une combinaison complexe de critères, de facteurs, de déterminants ou de (res)sources, à la nature protéiforme.
Parmi les principaux vecteurs du soft power, il y a la culture, le droit, l’innovation technologique, la langue, mais aussi le sport. Celui-ci représente à la fois un marché économique florissant et un outil d’influence, comme en témoigne l’enjeu de l’organisation de grandes compétitions sportives internationales.
Le football, avec son caractère populaire et universel, est au cœur de ce phénomène. La prochaine Coupe du monde aux Etats-Unis sera un moment géopolitique qui risque d’illustrer le déclin de la capacité d’attraction et de séduction des Etats-Unis présidés par D. Trump.
Le PSG, outil de soft power du Qatar
En 2011, l’achat du PSG par le fonds souverain du Qatar (via sa filiale Qatar Sports Investments – QSI) s’inscrit dans la stratégie d’investissement délibérée du micro-Etat, où le sport joue un rôle croissant dans la stratégie d’influence. Une opération qui marque un tournant pour le club de football de la capitale française (opération dans laquelle le président Sarkozy a joué un rôle décisif) et pour le soft power de la monarchie du Golfe. Le montant de la transaction n’est pas officiel, mais les estimations varient entre 70 et 100 millions d’euros. Aujourd’hui, la valeur du club est estimée à 4,25 milliards d’euros. Une explosion de la valorisation du club qui témoigne de la réussite économique de cet investissement, qui prolonge ainsi la réussite sportive de ce projet.
Les victoires du PSG et la qualité de son jeu spectaculaire représentent autant de valeurs ajoutées pour l’image internationale, symbolique et médiatique du Qatar, qui se trouve désormais associée à la réussite et à l’attrait du club de la capitale emblématique du luxe mondial. Le Qatar est désormais ancré dans l’imaginaire collectif, dans le monde arabe comme dans le monde occidental. Et son image ne cesse de s’améliorer, au moment où des puissances de la région, on pense à Israël en particulier, cèdent à l’hubris et à la seule force, voient leur image mondiale plus négative que jamais…