L’inflation américaine a augmenté à son rythme le plus rapide en trois ans au mois d’avril 2026, tirée par la hausse des prix de l’énergie due à la guerre avec l’Iran. Cette accélération conforte les économistes dans l’idée que la Réserve fédérale (Fed) maintiendra ses taux d’intérêt inchangés jusqu’en 2027.
Selon les données publiées jeudi 28 mai par le département du Commerce, l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE) a bondi de 3,8 % sur les 12 mois jusqu’en avril 2026. Soit sa plus forte progression depuis mai 2023. Sur un mois, l’indice a gagné 0,4 %. Hors alimentation et énergie, le PCE dit « core » progresse de 3,3 % sur un an (plus haut depuis novembre 2023) et de 0,2 % sur un mois.
Il y a deux principaux moteurs de cette flambée. D’une part, les perturbations du détroit d’Ormuz qui ont fait grimper le prix moyen de l’essence de 12,3 % en avril et de plus de 50 % depuis le début du conflit fin février. D’autre part, les droits de douane du président Donald Trump, qui continuaient d’alimenter l’inflation avant même la guerre.
De leur côté, les prix des biens ont augmenté de 0,7 % en avril, dont +5,5 % pour l’essence et les autres produits énergétiques. Tandis que les prix alimentaires ont rebondi de 0,5 %. Dans les services, les prix ont progressé de 0,3 % pour le troisième mois consécutif, avec un coût du logement et des services publics en hausse de 0,6 %.
Conséquences pour la Fed et la politique américaine
« Le tableau de l’inflation devient de plus en plus inconfortable pour la Fed, a commenté Olu Sonola, chef de l’économie américaine chez Fitch Ratings. La Fed ne peut pas corriger un choc d’offre, mais elle ne peut pas non plus en ignorer un qui alimente l’inflation sous-jacente ». Les marchés financiers anticipent désormais que la Banque centrale américaine maintiendra son taux directeur dans la fourchette de 3,50 % à 3,75 % jusqu’en 2027.
Sur le plan politique, l’inflation grève la popularité du président Trump. Un sondage Reuters/Ipsos la semaine dernière a montré que son indice d’approbation était tombé à son plus bas niveau depuis son retour à la Maison Blanche début 2025, pénalisé par une baisse de soutien chez les Républicains.
Révision en baisse de la croissance du PIB
Le département du Commerce a par ailleurs révisé à la baisse la croissance des dépenses de consommation au premier trimestre, à 1,4 % en rythme annualisé (contre 1,6 % estimé précédemment). La croissance du PIB a été ramenée à 1,6 %; contre une estimation antérieure de 2,0 %.
« L’expansion continue de reposer sur les consommateurs aisés, les investissements liés à l’IA et l’appréciation des actifs » a résumé Gregory Daco, chef économiste chez EY-Parthenon. Ces piliers masquent une base économique de plus en plus inégale.