L’économiste et enseignant-chercheur à l’Université de Carthage, Aram Belhadj, dans un post FB récent, a alerté sur un « été chaud » qui sera marqué par une nouvelle poussée de l’inflation en Tunisie. Tandis que la hausse des prix devrait se poursuivre dans les prochains mois.
Dans sa publication, l’économiste explique qu’il est « normal » de voir les niveaux d’inflation augmenter en Tunisie comme dans le reste du monde. Toutefois, la situation tunisienne se distingue par l’accumulation simultanée de plusieurs facteurs de pression sur les prix.
Pour étayer ses dires, il cite notamment « la hausse continue des coûts de production, l’injection de liquidités sans création de richesse équivalente, ainsi que les augmentations salariales non accompagnées de gains de productivité ».
Aram Belhadj estime donc que les achats effectués à des prix internationaux élevés et la dépréciation du dinar tunisien, particulièrement face à l’euro, accentuent davantage les tensions inflationnistes dans le pays.
A cet égard, l’universitaire affirme avoir anticipé cette situation en se basant à la fois sur la réalité économique actuelle et sur plusieurs rapports internationaux. Il affirme que ces prévisions ne changeront pas tant que les facteurs structurels à l’origine de l’inflation continueront de persister.
Une inflation accélérée
Par ailleurs, les dernières données publiées par Institut national de la statistique (INS) révèlent que l’inflation en Tunisie a enregistré une nouvelle accélération en avril 2026. Elle atteint 5,5 % sur un an, contre 5 % les mois précédents. Cette hausse est principalement portée par l’augmentation des prix des produits alimentaires, entre autres les fruits, les viandes et les légumes, ainsi que par la progression des coûts dans le secteur de l’habillement.
Les services et les produits manufacturés continuent, eux aussi, d’alimenter les tensions inflationnistes, même si certains segments, comme le transport, affichent un léger ralentissement.
Sur une base mensuelle, l’augmentation des prix s’explique surtout par la fin des périodes de soldes et la reprise des tarifs dans plusieurs catégories de consommation.
Malgré une relative stabilité de certains produits encadrés, l’inflation sous-jacente demeure élevée, confirmant la persistance de la hausse du coût de la vie en Tunisie.