En marge de son l’allocution de la Fête du travail, le 1er mai, Slaheddine Selmi a rappelé que « cette fête est célébrée comme partout ailleurs, mais elle revêt toujours une portée particulière, car le syndicalisme tunisien reste profondément lié aux enjeux sociaux et nationaux”.
Interrogé sur les augmentations salariales annoncées ces derniers jours, il a répondu : “elles ont été décidées sans véritable négociation, alors qu’elles auraient dû résulter d’un dialogue entre les partenaires sociaux, notamment dans le secteur privé, conformément au cadre légal. Malheureusement, la décision a été prise de manière unilatérale“.
Tout reconnaissant que les travailleurs ont besoin de hausses de salaires, quelle qu’en soit l’ampleur, il estime toutefois que celles annoncées sont insuffisante au regard de la flambée des prix et de l’érosion du pouvoir d’achat. Car, selon lui, « les chiffres officiels de l’inflation ne reflètent pas toujours la réalité vécue par les citoyens dans les marchés et dans leur vie quotidienne”.
Par conséquent, « cette augmentation, souligne-t-il, aurait dû tenir compte du contexte actuel, marqué par la hausse continue des prix et les difficultés croissantes des familles tunisiennes. À l’approche de l’Aïd, beaucoup ne peuvent même plus faire face au coût d’un mouton, ce qui illustre la pression sociale sur les ménages”.
De ce point de vue, le nouveau secrétaire général de l’organisation syndicale pense que « le vrai enjeu, aujourd’hui, n’est pas seulement salarial, mais la relance d’un dialogue social sérieux et durable. Depuis plusieurs années, ce dialogue est bloqué, alors que les services publics, l’éducation, la santé et les entreprises publiques continuent de se dégrader“.
“Il faut aussi s’inquiéter des politiques qui fragilisent les entreprises publiques en réduisant leur rôle productif. Le pays a besoin d’un cadre de discussion crédible, à travers le Conseil national du dialogue social, pour traiter les grands dossiers nationaux dans l’intérêt général”.