Le secteur du transport maritime adopte une attitude attentiste concernant le cessez-le-feu annoncé entre les États-Unis et l’Iran, car celui-ci – même pour les plus optimistes – reste assez fragile. Les premières fissures sont déjà apparues, l’Iran affirmant même avoir de nouveau fermé le détroit d’Ormuz suite aux attaques israéliennes contre le Liban.
Dimitris Roumeliotis, analyste chez Xclusiv Shipbrokers, s’est exprimé auprès de Capital au sujet de l’accord et a déclaré que deux semaines représentent un délai trop court pour que les changements souhaités se concrétisent. Cette évolution affectera principalement les navires opérant dans la zone d’Ormuz et ses environs, citant 200 vraquiers et 200 pétroliers… Il a également fait remarquer que le marché a évolué, plusieurs navires ayant mis le cap sur le Pacifique, et que le marché adopte une attitude attentiste, la situation restant incertaine.
Par contre, le courtier maritime, Arrow, a indiqué que le cessez-le-feu est certes fragile, mais pourrait dynamiser le marché du transport de marchandises en vrac. Les pétroliers quitteront les premiers le détroit d’Ormuz, suivis des 200 vraquiers actuellement bloqués. Il en résultera une augmentation de la capacité disponible pour le transport de marchandises. Ce qui aura également un impact sur les taux de fret.
Cependant, il considère également que la période de deux semaines est trop courte pour observer des modifications d’itinéraires et une réorganisation des flux de marchandises.
Roar Adland, de SSY, a déclaré que l’industrie du transport maritime devrait surveiller de près la possibilité de réduire les primes d’assurance contre les risques de guerre ainsi que les autres coûts d’assurance. Car c’est seulement ainsi que sera donné le signal du retour de la confiance dans la sécurité du passage des navires.
Il reste à voir ce que signifie le « nombre limité de passages quotidiens » annoncé par la partie iranienne. On estime que 10 à 15 navires seront autorisés à passer par jour, soit 10 % du niveau d’avant-guerre. Ce qui signifie que nous sommes encore très loin d’un retour à la normale.
Concernant le péage de 2 millions de dollars que l’Iran imposerait aux navires de pays neutres au titre de réparations de guerre pour leur permettre de passer en toute sécurité, M Adland estime que cette mesure exclut de l’équation les navires de petit tonnage, en particulier ceux qui ne transportent pas de produits énergétiques…
Concernant les vraquiers, il affirme qu’à long terme, leurs profits augmenteront. Certains armateurs oseront envoyer des navires à Ormuz, attirés par des incitations financières importantes, notamment pour les matières premières énergétiques, pour ceux qui sont prêts à prendre le risque.