Dans le dossier « droits de douane réciproques » de Trump, Kuala Lumpur rompt avec Washington et pourrait entraîner d’autres. Mais ce choix est-il calculé ou bien constitue-t-il un suicide commercial dont les conséquences risquent douloureuses pour la Malaisie? Personne n’est en mesure, aujourd’hui, d’en apporter la moindre réponse tangible.
La Malaisie a annoncé la fin de son « accord commercial avec les États-Unis », devenant de fait le premier pays à se retirer de la politique américaine de droits de douane réciproques. Kuala Lumpur estime que cet accord est désormais « nul et non avenu », à la suite, du reste, d’une décision de la Cour suprême américaine qui en a supprimé la base juridique, comme le rapporte le site defimedia.info.
Le ministre malaisien de l’Investissement, du Commerce et de l’Industrie, Johari Abdul Ghani, a confirmé que l’Accord sur le commerce réciproque (ART) n’était plus en vigueur. En cause : « un arrêt rendu le 20 février 2026 par la Cour suprême des États-Unis, jugeant que le président ne dispose pas de l’autorité nécessaire, via l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), pour imposer des droits de douane généralisés ».
Le droit a donc dit son mot. Mais qu’en sera de la politique? Nul ne le sait. Toujours est-il que le géant asiatique semble saisi le « bon » moment pour annoncer cette décision, à savoir l’embourbement dans lequel se trouvent les Etats-Unis dans leur contre l’Iran, depuis maintenant quatre semaine. Mais passons!
Rappel des faits
Signé le 26 octobre 2025 à Kuala Lumpur par Anwar Ibrahim et Donald Trump, cet accord avait permis à la Malaisie de réduire progressivement ses droits de douane, en échange d’un accès élargi au marché national pour les États-Unis et de concessions politiques, rappelons-le. Sauf que, en février dernier, la décision judiciaire américaine a profondément modifié la donne. Washington a depuis instauré un tarif uniforme de 10 % pour tous ses partenaires commerciaux, supprimant de fait les avantages négociés dans le cadre de l’ART et vidant l’accord de sa substance économique.
Cette réorientation affecte également plusieurs économies – dont l’Union européenne, le Japon, la Corée du Sud, le Vietnam, l’Indonésie, le Bangladesh et l’Inde – désormais soumises au même régime tarifaire malgré leurs concessions antérieures.
Parallèlement, la pression commerciale américaine se poursuit. Les 11 et 12 mars 2026, le Bureau du représentant américain au commerce a lancé une nouvelle enquête au titre de la section 301 visant plusieurs pays, y compris certains signataires d’accords commerciaux, renforçant les tensions autour de la politique commerciale des États-Unis.
Alors, qui osera emboîter le pas à la Malaisie?