L’État serre la vis. Les autorités ont formellement identifié 123 retraités cumulant illégalement pension et salaire, pour un préjudice mensuel total dépassant 122 000 dinars. Le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmer, a annoncé des mesures de recouvrement immédiates.
Sur les 123 cas recensés, 34 touchent le secteur public, soit 51 000 dinars de manque à gagner mensuel. Les 89 cas restants concernent le secteur privé, pour un coût mensuel avoisinant 71 000 dinars. Le député Ahmed Bennour a soulevé l’affaire via une question écrite. Le ministre lui a répondu en détaillant l’ampleur de la fraude.
La traque s’opère sur deux fronts. Dans le secteur public, le système informatisé « Insaf » détecte les irrégularités dans le mois même et suspend les versements en temps réel. Dans le secteur privé, les autorités mènent des campagnes périodiques avec la Caisse nationale de sécurité sociale. Un service d’échange électronique inter-caisses, lancé en septembre 2024, renforce ces recoupements.
La loi est sans équivoque. Dès qu’un retraité cumule pension et revenu salarial, deux sanctions s’appliquent immédiatement : la suspension de la pension et l’obligation de rembourser les sommes indûment perçues. L’article 55 de la loi n° 12 de 1985 encadre strictement ces mesures.