La tension entre l’Iran d’un côté, et les Etats-Unis et Israël de l’autre, qui couve depuis plusieurs décennies, a pris un tournant décisif samedi 28 février 2026. Et le monde – politique et économique – a de quoi s’inquiéter pour les prochains jours voire mois.
Samedi 28 février, les Iraniens se sont réveillés avec l’annonce des frappes américaines et israéliennes sur leur pays. Rien d’étonnant, ou presque, parce que certains d’entre eux s’y attendaient quelque peu. Mais ce qui l’est moins, ce sont les informations qui faisaient état de la mort de leur “Guide“.
Pour les rassurer, le ministre des Affaires Etrangères, Abbas Araghtchi, déclara dès les premières heures de la matinée que l’ayatollah Ali Khamenei était sain et sauve et qu’« il s’exprimera très prochainement ».
Sauf que les minutes et les passent, sans aucun signe du Guide. Il aura fallu aux alentours de 22 heures pour voir plus clair, avec l’annonce par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, selon lequel « des signes » qu’Ali Khamenei est mort. Quelques minutes, c’est Donald Trump qui a assuré avoir des preuves que Khamenei… est mort.
Voilà les faits. Maintenant, quelles conséquences de ce “tragédie“ sur le monde ?
Elles seront à la fois politico-sociales et économiques. Sur le premier point, beaucoup de questions, d’abord en Iran : le régime des mollahs va-t-il vaciller avec cette disparition ? Au cas échant, qui pour assurer la transition, avec quelques forces et sous quelle forme ? Y a-t-il risque d’une guerre civile dans le pays, comme ce fut le cas en Irak voisin, en Syrie, en Libye ? Quelle sera la réaction des “alliés“ d’Iran ? Enfin, après avoir créé le “chaos“, les Américains et les Israéliens seront-ils aptes à créer l’ordre dans le pays ? Rien n’est moins sûr. Pour l’heure ces questions restent sans réponses.
Sur le plan économique, la question dépasse largement le cadre irano-iranien pour embrasser aussi bien la région moyen-orientale que le reste du monde, en ce sens que 20-25% du pétrole consommé dans le monde passe par le détroit d’Ormuz. En cas de blocage de ce dernier mais aussi de la production iranienne, comment l’Opep pourrait-elle trouver la solution ?
Alors aussi, un certain nombre d’interrogations : quelles conséquences sur les prix du pétrole ? Comment les Houthis du Yémen vont-ils réagir ? En un mot, y a-t-il risque d’embrasement de la région, sachant que l’Iran a déjà riposté aux frappes américano-israéliennes en lançant des missiles sur l’Arabie saoudite, le Qatar, le Bahreïn et les Emirats arabes unis, lesquels ont décidé de rejoindre les USA et Israël ?
Du côté-ci du Maghreb, le Maroc a condamné les attaques iraniennes contre ces pays. Idem pour la Tunisie qui a affirmé, dans un communiqué du département des Affaires étrangères, « suivre avec une profonde préoccupation et une vive inquiétude la grave escalade militaire que connaît la région du Moyen-Orient et les risques d’une extension du conflit et de basculement vers le chaos qui pourraient en découler, outre la menace sérieuse que cela représente pour la sécurité et la paix régionales et internationales ».
Et signe qui ne trompe, quelques heures après les débuts des frappes, les prix du pétrole s’est envolé de 9% dans les échanges après la fermeture des marchés financiers, à 73 dollars pour le WTI et 83 dollars pour le Brent. Et selon les spécialistes, cette hausse devrait se confirmer et même s’amplifier dès lundi 2 mars.
In fine, tous les ingrédients sont réunis pour une déstabilisation de la région du Moyen-Orient et, par ricochet, le monde, politiquement peut-être et économiquement sans doute.
Situation à suivre.