À l’occasion des 100 ans du Registre national des entreprises (RNE), Thomas Denfer, président de l’Alliance francophone des registres du commerce, a salué, lors du colloque organisé à Tunis, l’ampleur de la transformation numérique engagée par l’institution tunisienne.
Selon lui, l’émergence de standards communs au sein de l’espace francophone pourrait renforcer la fiabilité des registres, faciliter les échanges d’informations et mieux protéger le tissu économique contre les risques de blanchiment de capitaux.
Invité au colloque organisé par le Registre national des entreprises (RNE), Thomas Denfer, président de l’Alliance francophone des registres du commerce, a posé une question centrale : « Allons-nous vers un modèle francophone des formes juridiques ? »
A cette question, il souligne que la scène internationale voit progressivement émerger des standards communs en matière d’enregistrement des entreprises. Dans l’espace francophone, son alliance a analysé une quinzaine de registres du commerce différents et observé l’apparition d’un modèle commun, fondé sur la lisibilité, l’interopérabilité et la numérisation des données.
« Dès lors que ce modèle est lisible, interopérable et numérisé, cela permet aux entreprises d’exister officiellement sur la scène francophone », a expliqué M. Denfer. Il a ajouté qu’un tel système facilite également les échanges d’informations entre teneurs de registres, renforce la lutte contre le blanchiment de capitaux et permet de proposer des services numériques harmonisés.
Créée il y a quatre ans, l’Alliance francophone des registres du commerce réunit aujourd’hui une vingtaine de pays membres. Elle œuvre au partage d’expériences et d’expertises afin de moderniser les registres et d’améliorer la sécurité juridique des entreprises.
Un siècle de RNE salué
Interrogé par l’Economiste Maghrébin sur les 100 ans du Registre national des entreprises, Thomas Denfer a exprimé ses » félicitations « aux équipes actuelles et passées de l’institution. Il a souligné le caractère « considérable » du travail accompli pour préserver, numériser et rendre accessible l’historique des entreprises tunisiennes.
» Le travail est vraiment fastidieux », a-t-il reconnu, avant de saluer » un véritable élan de digitalisation » au cours des dix dernières années, avec une accélération » exponentielle » ces dernières années.
Le président de l’Alliance a également rendu hommage au directeur général du RNE, Adel Chouari, pour avoir pris en compte l’histoire de l’institution, depuis ses origines à Sousse et à Tunis jusqu’à sa transformation numérique actuelle.
« Il ne faut pas oublier le passé : numériser cette histoire, l’authentifier et la rendre accessible, c’est ce qui fait la vitalité aujourd’hui de l’économie tunisienne », a-t-il estimé.
Un socle de confiance économique
Pour Thomas Denfer, le registre du commerce constitue un pilier essentiel du développement économique, aussi bien en Tunisie que dans les pays francophones et à travers le monde.
» C’est un socle de confiance », nous a-t-il affirmé. Tout en concluant: » Grâce à un registre fiabilisé, les entrepreneurs évoluent en confiance entre eux. Cela permet d’assainir le tissu économique et de renforcer l’entrepreneuriat. »