Les perturbations des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz devraient se prolonger jusqu’au premier trimestre 2027, selon l’agence de notation Fitch Ratings.
Malgré cette prolongation des tensions, Fitch maintient à 87 dollars le baril sa prévision du prix moyen du pétrole en 2026. Elle anticipe ensuite un recul des cours en 2027 et en 2028, sous l’effet notamment d’une amélioration progressive de l’offre mondiale.
Le conflit entre les États-Unis et l’Iran ainsi que les perturbations des exportations d’hydrocarbures continuent de fragiliser les circuits d’approvisionnement. Le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL), demeure au centre des préoccupations des marchés. Un rétablissement durable du trafic maritime permettrait de réduire les tensions sur l’offre. Toutefois, la normalisation dépendra également de la remise en état des infrastructures touchées et de la reprise des capacités de production et d’exportation.
Dans ses précédentes projections, Fitch avait déjà relevé ses hypothèses de prix pour 2027, en raison de la prime de risque géopolitique. L’agence estime néanmoins que l’augmentation de la production hors du Moyen-Orient pourrait contribuer à détendre le marché à moyen terme.
Les budgets des pays du Golfe sous pression
Fitch avertit que les conséquences du conflit et les perturbations des exportations pétrolières et gazières pèseront sur les finances publiques de la plupart des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) en 2026. La baisse des recettes d’exportation et les incertitudes sur les volumes commercialisés compliquent les équilibres budgétaires de ces économies fortement dépendantes des hydrocarbures. L’agence souligne toutefois que ces pays bénéficiant des meilleures notations disposent de marges financières plus solides, susceptibles de contribuer à la stabilité de leurs notes souveraines malgré les tensions.
À plus long terme, Fitch anticipe un repli des prix du pétrole en 2027 et en 2028, à mesure que l’offre se rétablira et que les marchés s’adapteront aux perturbations. Cette perspective reste néanmoins conditionnée à l’évolution du conflit, à la réouverture durable du détroit d’Ormuz et au rythme de reprise des exportations. Toute nouvelle escalade pourrait prolonger les tensions sur les prix et accentuer les pressions sur les économies importatrices comme sur les budgets des pays producteurs.