Déjà autour de 60 dinars le kilo, l’agneau pourrait atteindre 80 dinars à l’approche du Ramadan (en février). Une perspective alarmante pour les ménages tunisiens, dont le pouvoir d’achat est déjà fortement érodé.
La filière des viandes rouges traverse une crise profonde, marquée par la pénurie, le recul de la production locale et la hausse des coûts de l’élevage. D’ailleurs, Yahia Nasr, président de la Chambre nationale des bouchers, juge la situation « très critique » et appelle à renforcer rapidement l’approvisionnement du marché en viandes réfrigérées.
La viande bovine n’est pas épargnée : le kilo se vend entre 45 et 50 dinars chez les bouchers. Pour éviter une nouvelle flambée, le responsable préconise notamment l’importation de 3 000 à 4 000 veaux destinés à l’abattage avant Ramadan, une opération qui exige d’anticiper les délais de quarantaine sanitaire.
De son côté, Amor Ben Amor, président de la commission de l’agriculture et de la sécurité alimentaire à l’ARP, réclame un recensement du cheptel et des mesures pour soutenir les éleveurs, confrontés à la sécheresse, au coût élevé des aliments pour bétail et aux pénuries de médicaments vétérinaires. Il alerte également sur les risques liés aux médicaments de contrebande et à l’abattage clandestin.
Entre urgence d’approvisionnement et réformes structurelles, le défi est immense. À l’approche du Ramadan, une nouvelle hausse des prix ferait peser une charge supplémentaire sur des familles déjà étranglées par le coût de la vie. À 80 dinars le kilo, l’agneau risque de devenir un luxe pour une grande partie des Tunisiens.