La Banque mondiale a relevé ses prévisions de croissance pour la région de l’Asie de l’Est et du Pacifique grâce aux exportations liées à l’intelligence artificielle (IA). Toutefois, elle a averti que cette dépendance rend la région vulnérable à un éventuel retournement mondial des dépenses technologiques.
La région concernée comprend 23 économies, dont la Chine, le Viêtnam, l’Indonésie, la Malaisie et la Thaïlande.
Moteur d’exportation
L’économie de l’Asie de l’Est et du Pacifique devrait progresser de 4,5 % en 2026, soit 30 points de base de plus que ce que l’institution de Bretton Woods avait prévu en avril. La croissance devrait ralentir à 4,4 % en 2027 puis à 4,3 % en 2028. Le Viêtnam a bénéficié de la plus forte révision à la hausse de ses prévisions parmi les principales économies de la région, de 110 points de base pour atteindre 7,4 %.
Cependant, la force de la région dépend fortement de la fabrication et des exportations liées à l’IA. La croissance du commerce, à l’exclusion des produits liés à l’IA, est faible ou négative. Ces produits ont représenté plus de la moitié de la croissance des exportations dans la plupart de ces pays, en particulier la Malaisie, les Philippines, la Thaïlande et le Viêtnam avec une proportion de plus de 70 %.
Le risque lié à l’IA se situe du côté des dépenses des principaux payés, essentiellement les Etats-Unis. Les investissements liés à l’IA ont totalisé 6 % du PIB des États-Unis, ce qui est comparable au pic d’investissement dans les technologies de l’information de l’an 2000, et le cycle actuel a progressé plus rapidement que les deux cycles précédents et continue de gagner en vitesse.
Les banques doivent faire attention
Le financement qui alimente est estimé à 2 900 milliards de dollars pour la période 2025-2028. Les crédits privés devraient fournir 800 milliards de dollars. L’exposition des banques, en cas de renversement de situation, est une source d’inquiétante.
L’IA est soutenue par une abondante liquidité et pourrait ralentir en raison du récent resserrement des conditions financières. A préciser qu’une correction ne signifie pas nécessairement un effondrement pour le supercycle de l’IA, mais que l’investissement avait devancé la demande réelle selon la Banque mondiale. Un ralentissement de 1 % de la croissance américaine réduit la croissance des autres marchés émergents d’environ 0,6 %, l’impact sur l’investissement étant environ deux fois plus important. Cela a donc des répercussions de taille sur les pays de l’Asie de l’Est en raison de la place prépondérante de la région dans la chaîne d’approvisionnement de l’IA.
Cela nous mène à une principale conclusion : la domination écrasante des États-Unis dans le secteur technologique fait de la croissance de ces pays asiatiques une extension directe de la chaîne de valeur américaine. C’est une illustration de l’asymétrie de puissance économique et stratégique.