Les études et les observations actuelles montrent que l’océan Indien pourrait être fortement exposé aux effets d’El Niño, un phénomène climatique caractérisé par un réchauffement inhabituel des eaux de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique. Ce phénomène peut perturber les régimes de vents, de précipitations et de températures dans plusieurs régions du monde, notamment autour de l’océan Indien.
Dans ce contexte, les pays riverains des océans Pacifique et Indien sont appelés à renforcer leur préparation face aux risques liés aux fortes vagues, à la houle et, dans certaines zones, à la submersion marine.
Quelle pourrait être l’incidence d’El Niño sur la Tunisie ? Située en Méditerranée, la Tunisie n’est pas directement exposée au phénomène, et ses effets sur le pays ne peuvent pas être déterminés avec certitude. Ils dépendent notamment de la saison et de l’interaction d’El Niño avec d’autres phénomènes atmosphériques et océaniques. El Niño ne permet donc pas, à lui seul, de prévoir une saison sèche ou particulièrement pluvieuse en Tunisie. Toutefois, ses effets indirects pourraient contribuer à accentuer certaines situations extrêmes, telles que les vagues de chaleur, les précipitations intenses ou les crues soudaines. Le réchauffement des eaux méditerranéennes pourrait également aggraver les épisodes de fortes pluies et de houle lorsqu’ils se produisent
Des stations et des organismes scientifiques installés en Méditerranée suivent déjà l’évolution des vagues, de la houle, de la température de l’eau et du niveau de la mer. Le renforcement de la surveillance et de la prévision marine constitue ainsi une priorité pour mieux anticiper les risques liés au changement climatique.
À l’issue du lancement de l’atelier national consacré à l’accès de la Tunisie aux financements climatiques, organisé à l’Académie diplomatique, le ministre de l’Environnement, Habib Abid, a déclaré aux médias : “Pour le moment, aucun phénomène immédiat ne menace la Tunisie. Mais la prudence demeure nécessaire. Il faut améliorer les systèmes d’alerte, renforcer le suivi scientifique et privilégier la prévention afin de mieux se préparer aux effets possibles d’El Niño et du changement climatique”.