L’ambition de la ZLECAf est de bâtir un marché unique continental. Mais qu’en est-il du volet transition énergétique, notamment les énergies renouvelables ? Cynthia Gnassingbé-Essonam, conseillère principale pour l’engagement du secteur privé auprès du secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), souligne le rôle clé de la Tunisie dans un contexte d’intégration accélérée et de transformation digitale. Interview.
« La question de la transition énergétique est effectivement au cœur de la ZLECAf », déclare Cynthia Gnassingbé-Essonam, dans une déclaration à L’Économiste Maghrébin. « Ce que nous sommes en train de faire, c’est de mettre en place une plateforme sous le leadership du président du Kenya, William Ruto. Nous avons lancé ce que nous appelons l’Africa Green Industrialization Initiative (AGII), une initiative qui vise à mobiliser les acteurs de la finance verte et les projets verts. Il s’agit des banques multilatérales et des banques commerciales qui disposent de financements pour des projets, mais qui ne trouvent pas de projets véritablement bancables. L’idée est donc de consolider et de fédérer tous ces acteurs, de mobiliser les financements, d’identifier des projets bancables dans le secteur vert, projets verts, commerce vert et de voir comment mobiliser les investissements dans ces projets », explique-t-elle.
Le Secrétariat coordonne aujourd’hui cette plateforme. A cet effet, Cynthia Gnassingbé-Essonam souligne que la transition énergétique passe aussi par les minéraux critiques et, partant, par l’industrialisation, en interrogeant la manière d’utiliser le cadre de la ZLECAf pour apporter de la valeur ajoutée à ces minéraux au service de cette transition énergétique.
Et d’expliquer : « Il est question, par exemple, de véhicules électriques. Comment faire en sorte que des pays comme la Zambie et la RDC, qui disposent de cobalt, puissent transformer ces ressources et participer pleinement à ces chaînes de valeur ? C’est donc sous un angle essentiellement industriel que nous abordons la question. Depuis février de cette année, les chefs d’État de l’Union africaine ont décidé de travailler sur un protocole portant sur l’industrialisation et la politique commerciale au niveau continental. Ce protocole couvrira toutes les questions liées à la transition énergétique et au rôle des minéraux critiques. »
Concernant le calendrier de mise en place de ce protocole, la conseillère principale dira qu’il doit d’abord être développé, puis négocié entre les différents États. Mais qu’en est-il des énergies renouvelables concrètement ? « Effectivement, tout cela va faire partie des discussions. Les énergies renouvelables sont importantes » répond-elle. « Pour l’instant, ce que nous sommes en train de faire aussi, c’est de travailler avec les petites entreprises qui sont dans ce secteur-là et nous espérons que cela fera partie du lot. Mais l’idée, c’est vraiment de voir comment intégrer ces aspects dans un nouveau protocole, parce que le protocole initial porte uniquement sur le commerce des marchandises. C’était là notre mandat. Il faut donc vraiment avoir un cadre qui implique cet aspect-là et nous sommes en train d’y travailler. Un cadre législatif unifié, par exemple. Oui, ce sera un protocole harmonisé sur la question » conclut-elle.