Les prix internationaux des principales céréales repartent à la hausse, relève la dernière mise à jour de la Banque mondiale sur la sécurité alimentaire, publiée le 28 septembre 2026. Depuis juin, les prix des céréales ont augmenté de 18 %, ceux du maïs de 26 % et ceux du blé de 22 %.
La Banque mondiale précise que les marchés alimentaires mondiaux restent globalement approvisionnés. Mais que les conditions de production plus tendues et l’augmentation du coût des engrais contribuent à cette remontée des prix des céréales. Ces données sont arrêtées au 16 septembre 2026.
Une pression particulière pour la Tunisie
Pour la Tunisie, l’évolution des cours du blé constitue un enjeu important compte tenu de la dépendance du pays aux importations.
Dans son dernier état des lieux consacré à la sécurité alimentaire en Tunisie, publié en août 2026, la FAO estime les besoins d’importation de blé à environ 1,8 million de tonnes pour la campagne 2026/2027, soit 8 % de moins que la moyenne des cinq dernières années. Malgré l’amélioration de la production nationale, les importations devraient encore représenter plus de la moitié de l’approvisionnement local en blé.
La situation est toutefois moins tendue qu’au cours des années précédentes. La FAO estime la production céréalière tunisienne de 2026 à environ 1,8 million de tonnes, soit près de 20 % de plus que la moyenne des cinq dernières années, grâce notamment à des conditions pluviométriques favorables à partir de décembre 2025.
Le facteur international reste déterminant
Cette dépendance signifie que l’évolution des cours internationaux demeure un facteur à surveiller pour la facture d’approvisionnement du pays. En 2024, la Tunisie a importé environ 1,59 million de tonnes de blé tendre, de blé commun et de méteil, pour une valeur de 417,1 millions de dollars, selon les données du commerce international compilées par la Banque mondiale. L’Ukraine et la Russie figuraient alors parmi les principaux fournisseurs.
L’exposition aux marchés de la mer Noire est d’autant plus importante que les tensions sur les exportations de céréales se sont accentuées. Reuters rapportait le 23 septembre que les perturbations des expéditions de blé depuis la Russie et l’Ukraine avaient contribué à une forte progression des cours mondiaux, les contrats à terme sur le blé à Chicago ayant augmenté de 40 % depuis leurs plus bas de juin.
Des prix mondiaux en hausse, mais pas nécessairement une hausse immédiate du prix du pain
Il convient toutefois de distinguer la hausse des cours internationaux et les prix payés par le consommateur tunisien.
En Tunisie, l’Office des céréales dispose du monopole de l’importation du blé dur et du blé tendre. Les achats sont réalisés par appels d’offres et l’organisme intervient dans l’approvisionnement du marché intérieur.
Par ailleurs, la FAO indique que l’inflation alimentaire tunisienne avait ralenti à 6,6 % en juillet 2026, contre 8,2 % en avril et mai. Les principales pressions provenaient alors de la viande et des fruits frais. Tandis que les prix de l’huile alimentaire et des œufs reculaient sur un an.
La hausse actuelle des cours internationaux ne signifie donc pas automatiquement une augmentation équivalente des prix du pain, de la farine ou de la semoule en Tunisie. Elle représente surtout un risque potentiel sur le coût des approvisionnements céréaliers, notamment si les tensions internationales se prolongent.
Une récolte nationale qui offre un peu d’air
La bonne récolte céréalière enregistrée en 2026 constitue un élément d’atténuation. La FAO estime que les importations nécessaires pour la campagne 2026/2027 devraient rester inférieures à leur moyenne historique.
Les données tunisiennes vont dans le même sens : la collecte céréalière de la campagne 2025-2026 a atteint environ 11 millions de quintaux, dont 8,1 millions de quintaux de blé dur, selon les chiffres communiqués en septembre par l’Office des céréales.
La situation internationale reste néanmoins à surveiller. Pour un pays qui doit encore importer plus de la moitié de son blé, une remontée durable des cours mondiaux peut rapidement se traduire par une pression accrue sur la facture d’importation, les besoins de financement de l’approvisionnement et, plus largement, les équilibres alimentaires.