La Délégation générale Wallonie‑Bruxelles à Tunis a récemment dévoilé sa nouvelle programmation et ses priorités pour 2026, à l’occasion des Fêtes de la Fédération Wallonie‑Bruxelles et de la Wallonie.
Rajae Essefiani, déléguée générale Wallonie‑Bruxelles à Tunis, a rappelé la valeur symbolique de cette célébration, marquée par le dialogue et par ce qui rassemble au sein de la Belgique, notamment avec la Flandre comme invitée d’honneur. Elle a toutefois indiqué que cette fête intervient dans un contexte mondial particulièrement mouvementé, marqué par les conflits, les tensions internationales, les incertitudes économiques et les effets de plus en plus visibles du changement climatique, des défis qui, par nature, ne connaissent pas de frontières.
Dans ce contexte, elle a mis en avant l’illustration concrète de ces défis en Tunisie, où la montée des températures et la canicule de cet été se sont accompagnées de tensions sur l’approvisionnement en électricité et en eau, pesant lourdement sur le quotidien de nombreuses familles. « Nous avons été très sensibles aux difficultés de la population », a-t-elle affirmé. Ajoutant que la Wallonie n’avait pas été épargnée, avec des incendies qui ont touché les Hautes‑Fagnes, brûlant plusieurs milliers d’hectares et atteignant l’un des espaces naturels les plus précieux de la région, qualifié de « joyau du pays » par le roi Philippe. « De part et d’autre de la Méditerranée, le constat est le même : les défis climatiques ne connaissent pas de frontières », insiste Mme Essefiani.
Face à ces enjeux, la déléguée a rappelé que des moyens d’action existent, à travers la recherche, l’innovation, les entreprises, les universités et la coopération internationale. Cet été, le gouvernement wallon a adopté sa nouvelle stratégie « Recherche, innovation et économie » pour la période 2027‑2034, articulée autour de cinq domaines prioritaires :
- décarbonés (énergie, bâtiment, mobilité durable) ;
- industrialisés (matériaux, industrie du futur) ;
- nourrir (alimentation, biosolutions) ;
- protégés (aéronautique, spatial, défense) ;
- soignés (santé, nouvelles thérapies).
Cette capacité d’innovation se reflète dans les résultats économiques de la Wallonie, notamment en 2025 : les exportations wallonnes ont atteint près de 63 milliards d’euros, en progression de 13 %, tandis que la région a attiré environ 1,5 milliard d’euros d’investissements étrangers, créant quelque 1 300 emplois directs.
Cette dynamique nourrit directement la relation Wallonie‑Bruxelles–Tunisie. Les Business Days by Wallonia 2026 ont réuni plus de 200 entreprises wallonnes, et le bureau de l’AWEX à Tunis a rencontré une vingtaine d’entreprises tunisiennes, dans l’objectif de transformer cet intérêt en partenariats concrets. Du 6 au 9 décembre 2026, une mission économique sera organisée en Tunisie autour de trois secteurs clés : l’eau, l’énergie et l’environnement, des priorités fortes pour la Tunisie et des domaines d’expertise reconnus des entreprises wallonnes.
La déléguée a également insisté sur le caractère bidirectionnel de cette relation économique. Depuis le lancement, il y a six mois, de la campagne « Investissez en Wallonie », six entreprises tunisiennes ont déposé une demande d’implantation en Wallonie, dont deux sont en cours d’installation.
Elle a par ailleurs salué le partenariat de la Chambre de commerce tuniso‑belgo‑luxembourgeoise ainsi que celui de la CONECT.
Sur le plan académique, Rajae Essefiani a décrit un partenariat « très fort » entre les universités et hautes écoles de part et d’autre de la Méditerranée, avec une cinquantaine de conventions actives et un nombre d’étudiants tunisiens en Fédération Wallonie‑Bruxelles qui a doublé en dix ans. Un réseau des anciens étudiants a été créé en 2024 ; environ 300 à 350 alumni ont déjà été identifiés, parmi lesquels d’anciens ministres, secrétaires d’État, hauts fonctionnaires, managers et artistes. « Ils sont tous invités à rejoindre ce réseau », a-t-elle lancé.
Enfin, concernant la coopération sur les enjeux de société, la déléguée a indiqué vouloir mettre l’accent sur l’importance de renforcer la coopération tuniso-belge.