Les cours du pétrole ont légèrement reculé vendredi après leur forte progression de la veille. Les marchés intègrent désormais la possibilité d’un accord progressif entre Washington et Téhéran permettant de rouvrir le détroit d’Ormuz.
Les prix du pétrole ont marqué une pause ce vendredi après leur forte progression de la veille, les investisseurs réagissant aux informations faisant état de discussions entre les États-Unis et l’Iran sur une éventuelle sortie progressive du conflit.
Le Brent pour livraison en novembre recule ce matin de 0,6 %, à 105,94 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) cède 0,8 %, à 93,86 dollars. Les deux références avaient gagné jusqu’à 5 % lors de la séance précédente avant de réduire…
Le principal facteur de détente pour les marchés réside dans la perspective d’un accord progressif autour du détroit d’Ormuz, par lequel transite une part majeure des flux mondiaux d’hydrocarbures.
Selon des sources citées par Reuters, les négociateurs américains et iraniens réunis à New York examinent un scénario dans lequel Téhéran rouvrirait progressivement le détroit en échange d’un allègement du blocus économique américain. L’objectif serait de rétablir la circulation maritime tout en permettant aux deux parties de préserver une partie de leur capacité de négociation.
Cette perspective a contribué à réduire la prime de risque intégrée aux cours du brut. La situation reste toutefois fragile : le nombre de navires commerciaux traversant récemment Ormuz demeure très inférieur à son niveau habituel avant le conflit, tandis que les flux pétroliers se poursuivent à des niveaux réduits.
Les attaques contre l’Arabie saoudite entretiennent les risques
La détente sur le front diplomatique est également contrebalancée par les tensions régionales. L’Arabie saoudite a annoncé avoir intercepté six missiles balistiques tirés par les Houthis du Yémen vers plusieurs zones du royaume, dont Taëf et la région de Yanbu.
Ces attaques ravivent les inquiétudes concernant les infrastructures énergétiques et les routes d’exportation saoudiennes. Le port de Yanbu, sur la mer Rouge, constitue notamment une importante voie alternative pour les exportations de brut provenant des champs pétroliers de l’est du royaume.
La réouverture complète des capacités d’exportation demeure ainsi un enjeu majeur pour le marché. Les perturbations provoquées par le conflit ont déjà réduit les flux d’hydrocarbures dans la région et accru la volatilité des prix.
Les stocks américains limitent également la pression haussière
Les données américaines sur les stocks ont par ailleurs apporté un élément de modération aux inquiétudes concernant l’offre. Les stocks commerciaux de brut aux États-Unis ont augmenté de 3 millions de barils durant la semaine achevée le 18 septembre, alors que les analystes anticipaient une baisse de 641 000 barils. Dans le même temps, les stocks d’essence ont diminué de 1,7 million de barils et ceux de distillats de 400 000 barils.
Le marché américain reste également attentif aux discussions sur les exportations de diesel. L’administration américaine étudie différentes options pour accroître l’offre domestique, notamment une éventuelle restriction volontaire des exportations par les raffineurs. Une interdiction générale de 90 jours avait été évoquée, avant d’être démentie par la Maison-Blanche.
Une semaine de forte volatilité
Le recul de vendredi intervient après une semaine particulièrement volatile. Jeudi, le Brent avait progressé de plus de 3 % pour atteindre un plus haut d’une semaine, tandis que les deux références avaient gagné jusqu’à 5 % en séance. Selon Reuters, le Brent se situait vendredi autour de 105,73 dollars, tandis que le WTI évoluait autour de 93,05 dollars, confirmant le reflux après le mouvement de hausse de la veille.
Pour les marchés, l’évolution des cours dépend désormais largement de la capacité des discussions entre Washington et Téhéran à déboucher sur des mesures concrètes concernant Ormuz. Une réouverture durable du détroit pourrait réduire les tensions sur l’offre mondiale, tandis qu’une nouvelle dégradation de la situation militaire au Moyen-Orient maintiendrait une forte prime de risque sur le pétrole.