Que se passe-t-il actuellement au sein des sections régionales de l’UGTT ? Réunies séparément samedi 29 août 2026, les instances régionales de Siliana et de Mahdia n’excluent plus une grève générale, et au passage réclament une amnistie générale ainsi qu’une réforme de la justice.
La grève générale figure désormais parmi les options envisagées par plusieurs structures régionales de l’UGTT. Réunie samedi 29 août 2026 sous la présidence du secrétaire général adjoint chargé des affaires juridiques, Fakher Eddine Aouiti, l’instance administrative régionale de l’Union régionale du travail de Siliana a qualifié la situation économique, sociale et politique du pays de « sans précédent ». Le même jour, l’instance administrative régionale de l’UGTT à Mahdia a adopté une position similaire, se déclarant prête à défendre les revendications des travailleurs et de la population « par tous les moyens légaux et légitimes, y compris la grève générale ».
Un diagnostic sévère de la situation du pays
À Siliana, les responsables syndicaux ont sévèrement critiqué la gestion du pays. Ils dénoncent la « concentration de la décision, l’absence de dialogue ainsi que des atteintes aux libertés, au droit syndical et à l’activité de la société civile ». L’instance pointe également une dégradation continue de la situation économique et sociale : endettement, inflation, chômage et pauvreté s’ajoutent, selon elle, aux difficultés rencontrées par les petites et moyennes entreprises. Les services publics ne sont pas épargnés, la santé, l’éducation et le transport figurant parmi les secteurs jugés en déclin. À Mahdia, les syndicalistes ont insisté sur d’autres aspects de la crise, évoquant la hausse des prix, la dégradation du pouvoir d’achat, les pénuries de produits essentiels et des coupures répétées d’eau et d’électricité.
Des revendications précises adressées aux autorités
Face à cette situation, l’instance de Siliana appelle les autorités à renoncer à « l’unilatéralisme » et à lancer une initiative destinée à apaiser les tensions et à prévenir une possible explosion sociale.
Parmi ses revendications figure une amnistie générale en faveur des personnes détenues en raison de leurs opinions, publications ou activités syndicales, politiques et civiles, à l’exception des personnes impliquées dans des crimes établis. L’instance demande aussi une réforme garantissant l’indépendance de la justice, ainsi que l’ouverture d’un dialogue général et inclusif consacré au diagnostic de la crise et à la recherche de solutions. Sur le plan syndical, elle exige l’abandon de décisions qu’elle juge « injustes et illégales » concernant la négociation collective et le droit syndical, ainsi que le respect des accords déjà conclus avec les travailleurs. À Mahdia, les syndicalistes ont pour leur part appelé les autorités à s’attaquer aux causes des mouvements de protestation sociale, plutôt qu’à privilégier des réponses sécuritaires et judiciaires.
Une position partagée par d’autres régions, prise indépendamment du bureau exécutif national
L’instance de Siliana affirme être disposée à participer à « toutes les formes de lutte pacifiques et légitimes » que pourraient décider les structures syndicales, y compris la grève générale. Des positions comparables à celles exprimées à Mahdia ont également été défendues par plusieurs autres structures régionales de l’UGTT, notamment celle de Tozeur. Ces prises de position ont été adoptées indépendamment du bureau exécutif national de l’UGTT. Elles interviennent quelques jours après un communiqué virulent de l’union régionale du travail de Sfax, qui s’en était pris frontalement au pouvoir. Cette succession de déclarations régionales interroge sur la relation entre les structures régionales et le bureau national de la centrale syndicale.