La maîtrise du capital humain en ingénierie est devenue un enjeu stratégique majeur pour les économies contemporaines. Selon les périmètres retenus, diplômes d’ingénieur accrédités ou formations STEM élargies (sciences, technologies, ingénierie, mathématiques), les classements peuvent varier sensiblement. Voici un état des lieux actualisé des principaux pays producteurs d’ingénieurs.
La Chine et l’Inde dominent largement le classement en termes absolus. Pékin formerait entre 1,2 et 4 millions de diplômés par an, la fourchette haute intégrant un vaste socle de filières techniques et scientifiques. L’Inde, quant à elle, délivre annuellement entre 1,3 et 1,5 million de diplômes d’ingénieur, ce qui la place régulièrement en tête des classements mondiaux. La Russie conserve un système historiquement tourné vers l’ingénierie industrielle, avec environ 450 000 à 500 000 ingénieurs formés chaque année.
Les puissances technologiques établies
Les États-Unis forment environ 240 000 à 250 000 ingénieurs par an, selon les sources et le périmètre retenu. L’Iran se distingue avec entre 233 000 et 237 000 diplômés annuels, dont une proportion notable de femmes.
En Asie de l’Est, le Japon et la Corée du Sud affichent respectivement environ 168 000 et 147 000 ingénieurs diplômés par an.
La Tunisie et la France : des réalités contrastées
Pour le cas de la Tunisie, avec environ 8 000 à 9 000 nouveaux ingénieurs diplômés chaque année, affiche une dynamique soutenue, portée en partie par le secteur privé qui contribue à hauteur de près de 6 500 diplômés annuels.
En France, les estimations varient de 40 000 à plus de 100 000 diplômés par an, selon que l’on retient les seuls diplômes d’ingénieur accrédités ou l’ensemble des formations techniques et STEM connexes.
Au-delà des volumes absolus, la performance relative de la Tunisie mérite attention. Selon les derniers rapports UNESCO/OCDE, le pays compte près de 950 diplômés STEM pour 100 000 habitants, se classant parmi les leaders mondiaux en la matière, devant la Corée du Sud, l’Allemagne ou la France.
Cette densité de capital humain qualifié constitue un atout majeur, encore sous-exploité, pour le développement économique et l’attraction d’investissements à forte valeur ajoutée.