Le déficit américain du commerce des biens a bondi de 17,2 % en juillet 2026, atteignant 118,8 milliards de dollars, contre 101,4 milliards en juin.
Le déficit commercial américain retrouve ainsi un niveau particulièrement élevé. À 118,8 milliards de dollars, il s’agit de son niveau le plus important depuis mars 2025, lorsque les entreprises américaines avaient massivement accéléré leurs importations avant l’entrée en vigueur de nouvelles mesures douanières.
Le principal moteur de cette aggravation est la progression des importations. Elles ont augmenté de 11,4 milliards de dollars en un mois, pour atteindre 318,2 milliards. Cette hausse est notamment liée aux biens d’équipement, dont les importations ont progressé de 11,3 %. Les entreprises américaines continuent d’investir massivement dans les infrastructures nécessaires au développement de l’intelligence artificielle, ce qui alimente la demande de semi-conducteurs, d’ordinateurs et de machines.
Le phénomène illustre un paradoxe de l’économie américaine : alors que Washington cherche à réduire sa dépendance aux importations grâce aux droits de douane, le développement accéléré de secteurs stratégiques comme l’IA stimule au contraire les achats de technologies à l’étranger.
Dans le même temps, les exportations américaines de biens ont diminué de 6 milliards de dollars, à 199,4 milliards. Il s’agit de leur plus faible niveau depuis janvier. Le recul a notamment été marqué dans les produits industriels, dont les exportations ont chuté de 11,2 %.
Cette détérioration pourrait peser sur la croissance américaine au troisième trimestre. Selon des économistes cités par Reuters, le commerce extérieur pourrait retirer environ un point de pourcentage à la croissance du PIB au troisième trimestre, après avoir déjà pesé de 1,14 point au deuxième trimestre…
Le déficit commercial américain apparaît ainsi comme l’un des paradoxes de la politique économique de Washington : malgré l’offensive tarifaire, les besoins massifs de l’économie américaine, notamment dans l’intelligence artificielle, continuent de pousser les importations à la hausse.