Le système éducatif doit-il refléter les choix immédiats de la majorité ou s’appuyer sur l’expertise et une vision à long terme ? Les expériences réussies montrent que la réforme de l’éducation doit préparer les citoyens et la société de demain, plutôt que de reproduire les modèles du passé. Telle est la réflexion d’un certain nombre de citoyens, enseignants et bien d’autre.
D’ailleurs, la question qui doit être posée: Le peuple choisit-il le système éducatif ou l’élite ?
Dans les expériences éducatives réussies, le système éducatif n’est pas le résultat d’un choix populaire direct. C’est ce qu’a révélé le professeur de droit constitutionnel, Amine Mahfoudh dans sa reflexion via sa page fb.
Il part du constat que dans les régimes démocratiques, les peuples élisent leurs représentants et déterminent les grandes orientations politiques. En revanche, la conception des politiques éducatives et des programmes scolaires, ainsi que la formation des enseignants, relèvent de l’État, des experts, des éducateurs et des institutions spécialisées. Ces acteurs s’inscrivent dans une vision à long terme, sous le contrôle de la société et de ses institutions.
Et de poursuivre: « C’est ce que l’on observe, malgré d’importantes différences entre les modèles, dans des pays comme la Finlande, la Corée du Sud et le Japon : l’investissement dans l’éducation, la continuité des politiques et le recours à l’expertise et aux institutions, plutôt que la soumission des choix pédagogiques aux fluctuations de l’opinion majoritaire. »
L’école n’est donc pas seulement le reflet de la société ; elle est aussi un instrument de transformation et de progrès. La véritable question n’est donc pas seulement : que veut aujourd’hui la société pour l’éducation de ses enfants ? Elle est aussi la suivante : quel citoyen voulons-nous former et quelle société voulons-nous construire demain ?
En somme, tout cela nous amène à dire que la réforme éducative ne consiste pas à reproduire le passé, mais à préparer l’être humain à l’avenir.