Au deuxième trimestre 2026, la Tunisie affiche une baisse à la fois de sa population active, du nombre de personnes ayant un emploi et du taux de chômage. C’est ce qu’a révélé les données de l’Institut national de la statistique où le taux de chômage global s’améliore légèrement, passant de 15% à 14,9%.
Cela dit, il est important de décortiquer ces évolutions qui cachent des réalités très différentes selon le sexe, l’âge et le niveau d’études. La population active recule de 77 500 personnes pour atteindre 4 190 500, tandis que le taux d’activité perd 1,2 point et s’établit à 44,7%. Le nombre de personnes occupées diminue aussi, avec 58 200 emplois en moins, pour s’établir à 3 568 100, et le nombre de chômeurs baisse de 19 300, passant à 622 400.
En conséquence, le taux de chômage global s’améliore légèrement, passant de 15% à 14,9%. Cette tendance positive masque toutefois des réalités contrastées : le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans recule de 2,1 points pour atteindre 35,4%, mais celui des diplômés de l’enseignement supérieur augmente de 2,4 points, atteignant 26,6%.
La répartition sectorielle des occupés montre que près de la moitié d’entre eux (49,9%) travaillent dans le secteur des services, suivis par les industries manufacturières (20,4%), l’agriculture et la pêche (16,3%) et les industries non manufacturières (13,5%). Les disparités selon le sexe restent marquées : le taux de chômage des hommes recule de 0,5 point pour s’établir à 11,8%, tandis que celui des femmes augmente de 0,9 point, atteignant 21,6%, ce qui souligne la persistance d’inégalités structurelles sur le marché du travail.
Cette légère baisse du taux de chômage s’explique principalement par une réduction plus forte du nombre de chômeurs (−19,3 mille) que celle de la population active (−77,5 mille). Autrement dit, une partie des personnes qui ont quitté la population active étaient des chômeurs, ce qui a mécaniquement fait baisser le ratio chômeurs / population active. Cependant, ce recul ne traduit pas nécessairement une amélioration structurelle du marché du travail, car il s’accompagne d’un recul du taux d’activité (−1,2 point) et d’une baisse du nombre d’occupés (−58,2 mille).
Cela suggère que certaines personnes ont cessé de chercher activement un emploi (sortie de la population active), tandis que d’autres ont perdu leur emploi ou n’ont pas pu en trouver de nouveau. Enfin, la hausse du chômage chez les diplômés du supérieur (+2,4 points) et la persistance d’un taux élevé chez les femmes (21,6%) indiquent que les difficultés d’insertion professionnelle restent concentrées sur certains segments de la population, malgré l’amélioration globale apparente.