Les cyberattaques continuent de s’intensifier à l’échelle mondiale, provoquant des pertes financières et opérationnelles croissantes pour les secteurs vitaux, à un moment où gouvernements et entreprises augmentent leurs dépenses en sécurité numérique pour faire face à des menaces grandissantes, dans un contexte d’élargissement des affrontements électroniques liés aux conflits internationaux.
Qu’en est-il pour la Tunisie?
Le pays n’échappe pas à cette tendance. Ainsi le ministère de l’Intérieur a affirmé que la Tunisie n’est pas à l’abri de ces menaces et crimes, alors que 57 430 cyberattaques ont été enregistrées dans le pays au premier semestre 2025.
Plus encore, le nombre d’incidents déclarés à l’Agence nationale de la sécurité informatique (ANSI) a littéralement explosé en 2022, augmentant de plus de 146 %, passant de 63 000 incidents en 2021 à plus de 155 000.
Les ransomwares (logiciels de rançon) ont connu une hausse spectaculaire de 140 %, passant de 15 411 cas en 2023 à 37 076 en 2024, selon un rapport relayé par Tunisie Haut Débit.
Le nombre d’incidents signalés à l’ANSI a augmenté de plus de 48 % entre 2024 et 2026, et des groupes criminels internationaux comme LockBit, BlackCat et Cl0p ciblent désormais activement la région MENA, y compris la Tunisie. Sur le plan institutionnel, le document de la Stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030 a été finalisé, articulée notamment autour de la protection résiliente des infrastructures nationales et du renforcement des compétences humaines.
En somme, si le chiffre de 10 500 milliards de dollars concerne l’économie mondiale, la Tunisie suit une trajectoire similaire à l’échelle locale hausse continue des incidents (ANSI), explosion des ransomwares, exposition croissante aux groupes de cybercriminalité internationaux, et une réponse étatique qui se structure via une nouvelle stratégie nationale pour 2026-2030.