Les bouteilles d’eau – dénommée « eau minérale » – disparaissent peu à peu des rayons des grandes surfaces. Dans plusieurs enseignes, les stocks sont presque épuisés et certaines limitent désormais le nombre de packs vendus par client. D’autres sont complètement vides, comme nous l’avons constaté dans l’une des plus grandes enseignes à Tunis (voir photos).
Cela tombe vraiment mal : canicule accompagnée de coupures de courant répétitives du réseau public. Ce qui, par ricochet, pousse les Tunisiens à consommer – ou de vouloir consommer – davantage, et à constituer de réserves – par peur de manque…
Explication de la SONEDE : ces perturbations sont dues aux pannes sur le réseau, à des difficultés d’approvisionnement dans certaines régions, mais surtout par les nombreuses coupures d’électricité qui paralysent les stations de pompage. Résultat : le retour de l’électricité ne signifie pas un rétablissement immédiat de la distribution d’eau, les réservoirs devant être remplis avant un retour à la normale.
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Certains diront que nous avons de la change “que“ seulement l’eau et l’électricité qui nous font défaut, rappant qu’en 2024 et 2025 tout ou presque nous manquaient, même l’huile d’olive ou les pâtes alimentaires alors que la Tunisie est l’un des premiers producteurs mondiaux.
Le rationnement mis en place par certaines enseignes permet de ralentir les achats massifs, mais il souligne surtout les limites d’un système fragilisé, disons-le à bout de souffle. Dans ce cas, tant que les perturbations de l’alimentation en eau et les délestages électriques se poursuivront, les rayons d’eau embouteillée devraient rester sous tension.
Autrement dit, il va falloir prendre notre mal en patience… et peut-être même se préparer au pire. Le climat de tension est tel qu’un voisin de mon quartier, livreur, raconte avoir été intercepté sur la route entre Tabarka et Tunis. À Béja, des habitants lui auraient ordonné de leur vendre son chargement d’eau, faute de quoi ils menaçaient de se servir eux-mêmes, par la force.
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Par ailleurs, à quelque chose malheur est bon, dit l’adage français: il ne vous a pas échappé que les poissons sont devenus plus abordables que d’habitude… à cause des coupures de courant.

