Les débats font toujours rage entre défenseurs et pourfendeurs autour de l’héritage laissé derrière lui par le sénateur de le Caroline du Sud, Lyndsay Graham, mort subitement le 11 juillet, quelques heures après son retour de son énième voyage en Ukraine.
Durant le quart du siècle de ses mandats de sénateur, Graham a été l’un des plus grands défenseurs d’Israël, ayant poussé avec toutes ses forces vers l’engagement des Etats-Unis dans toutes les guerres du Moyen-Orient et, plus récemment, en Ukraine.
A peine est-il entré au Sénat en 2003 qu’il s’engagea dans la campagne mensongère sur les armes de destruction massive avec lesquelles Saddam s’apprêtait à attaquer New York et Los Angeles ! Il se tourna ensuite vers la Libye et la Syrie, exhortant, dans ses discours, Obama de renverser les régimes en place de Mouammar Kadhafi et Bachar al Assad.
Car pour ce sénateur, le soutien à la cause palestinienne et la contestation de la politique colonisatrice de l’Etat sioniste sont synonymes de terrorisme et d’antisémitisme.
En Amérique même, il s’en prenait avec virulence à toute voix qui critiquait l’engagement américain dans des guerres pour le compte d’Israël contre des pays lointains ne représentant aucune menace pour le peuple américain. Il qualifiait d’antisémites même les personnalités juives qui, à l’instar du Pr. Jeffrey Sacks, prônaient une politique étrangère qui servirait les intérêts des Etats-Unis et non ceux de l’Etat sioniste.
La nature abominable de ce sénateur a été mise à nu lors de la guerre de Gaza. Le génocide perpétré par l’Etat sioniste et la totale destruction de l’enclave palestinienne ne semblaient pas suffisants pour apaiser la haine, l’animosité et le bellicisme outranciers qui le rongeaient. Dans l’une de ses interventions sur Fox News, il affirma : « Je ne comprends pas pourquoi nous, nous avons lancé deux bombes nucléaires sur le Japon en 1945 pour terminer le travail, et Israël hésite aujourd’hui à terminer le travail. Je dis à Israël : termine ton travail ».
Oui, ce représentant que le peuple de la Caroline du Sud élisait et réélisait depuis près d’un quart de siècle, a exhorté Israël à utiliser son arsenal nucléaire contre Gaza. Mais dans son extrême stupidité, il ne pouvait savoir qu’une bombe nucléaire sur Gaza détruirait Israël aussi par son souffle, son syndrome d’irradiation aigu et ses retombées radioactives.
Lyndsay Graham ne prônait pas la mort et la destruction dans le monde arabe et musulman seulement. Il œuvrait à les semer en Russie aussi. Après avoir contribué avec son mentor, feu John MacCain, au coup d’état contre le président ukrainien Ianokovytch en février 2014, provoquant le chaos et la guerre en Ukraine, ce sénateur a poussé de toutes ses forces, durant les mandats de Joe Biden et de Donald Trump, pour les sanctions contre la Russie et l’armement de l’Ukraine.
La dernière photo prise un jour avant sa mort est celle qui le montre dans une usine d’armement ukrainienne, exhibant avec un large sourire le modèle de drones que Zelensky lance quotidiennement sur les civils russes…
A son retour d’Ukraine, le sénateur s’est senti mal et son entourage voulait l’hospitaliser. « Je dois m’adresser à la presse avant. J’irai à l’hôpital demain », telle était sa réponse. Face à l’insistance de la famille et des amis, il leur fit cette étrange réponse, rapportée par Barak Ravid, l’éditeur du journal Axios : « Je ne peux pas mourir maintenant. J’ai encore besoin d’alourdir les sanctions contre la Russie, de m’assurer de la défaite de l’Iran et de mener à bien la normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite ».
Il est mort quelques heures après de « dissection aortique ». Les réactions sur les réseaux sociaux et les podcasts en Amérique et à l’étranger à la mort subite de ce criminel de guerre ont, dans leur majorité, exprimé un sentiment que la langue allemande appelle “Schadenfreude“, c’est-à-dire la joie exprimée face au malheur d’autrui.
L’ami George Galloway a exprimé son schadenfreude à sa manière : « je suis sûr que ce grand criminel de guerre est en train de brûler maintenant au 7e cercle de l’enfer ». Sans aller jusque-là, disons que le monde serait une meilleure place pour vivre sans Lyndsay Graham et ses semblables aux Etats-Unis et en Israël.