Faut-il retenir les compétences et de les valoriser sur place, ou encore faut-il les laisser partir?

Il part du constat via son post Fb, qu’en Tunisie, la politique de l’emploi semble enfermée dans un cercle vicieux qui ne se modifie pas avec le changement des responsables. Il précise dans ce contexte: « Il y a quelques années, un ancien ministre justifiait l’émigration des cadres par l’apport de devises étrangères ; aujourd’hui, le ministre de l’Emploi présente les besoins de l’Europe en spécialistes du numérique comme une opportunité à saisir, à travers la formation de compétences tunisiennes destinées à ce marché. »
La question esssentielle est de savoir si le rôle de l’État est-il désormais d’exporter sa jeunesse plutôt que de créer des emplois sur le territoire national ? Ou encore est-il devenu de fournir des opportunités à l’étranger au lieu d’en générer au pays ?
Ainsi il rappelle que présenter l’émigration comme une chance revient, selon son analyse, à masquer une réalité plus douloureuse. Incapable de créer un environnement favorable à l’émergence de grandes entreprises nationales ou d’attirer d’importants investissements dans le numérique, l’État aurait choisi la voie la plus courte : transformer sa jeunesse en ressource exportable, réduite à une simple statistique et à une source de devises.
Il ajoute entre autres: « Cette orientation ne constitue pas un succès politique, mais un aveu d’échec dans la conduite du développement local. Au lieu de faire de la Tunisie un hub de services numériques capable de rayonner à l’international depuis son propre territoire, l’État se contenterait d’en faire une école de formation gratuite au service des économies étrangères. Nous investissons dans l’éducation et la formation de nos jeunes — médecins, ingénieurs, techniciens et agents pour les voir ensuite répondre aux besoins démographiques d’autres pays, pendant que nos institutions nationales restent souvent confiées à des profils inadaptés. »
Par ailleurs,il souligne à cet effet un profond déficit de vision économique. « Au lieu de s’attaquer à la bureaucratie qui freine l’initiative, de faciliter le financement des start-up et d’améliorer l’environnement de travail local, les responsables se limiteraient à accompagner la sortie des jeunes. Le véritable investissement dans les compétences devrait commencer par leur offrir les moyens de réussir en Tunisie. Transformer le ministère en simple relais vers l’étranger ne résout pas le chômage ; cela institutionnalise plutôt la fuite des cerveaux et fait de l’émigration un projet indirectement soutenu par l’État. », poursuit-il.
Cette déclaration invite ainsi à s’interroger sur l’organisation actuelle des politiques de l’emploi et de la formation professionnelle, ainsi que sur les modalités les plus adaptées pour en assurer la mise en œuvre.