Les hypothèses économiques et financières retenues dans le Plan de développement 2026-2030 suscitent des interrogations au sein de la Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).
Les députés ont notamment exprimé des doutes sur la possibilité d’atteindre les objectifs fixés en matière de croissance, d’investissement, d’emploi et d’équilibres financiers. Et ce, dans un contexte marqué par la pression sur les finances publiques, l’alourdissement du service de la dette et l’augmentation des besoins de financement. Ces observations ont été formulées lundi 30 juin 2026, lors d’une séance préliminaire consacrée à l’examen du projet de plan.
À cette occasion, les parlementaires ont estimé que sa concrétisation dépend largement de l’achèvement de plusieurs réformes législatives. Ils ont cité la révision du cadre juridique de l’investissement, du Code des changes ainsi que de la législation encadrant le développement local et régional. Ils ont également insisté sur la nécessité d’harmoniser les différents textes législatifs afin de simplifier l’exécution des projets et de réduire les contraintes administratives.
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Les membres de la commission ont, par ailleurs, relevé que les projets inscrits dans le document ne s’intègrent pas dans une vision nationale globale capable d’accompagner une transformation structurelle de l’économie.
De ce fait, ils ont appelé à une meilleure articulation entre les projets locaux, régionaux et nationaux, dans le but de renforcer l’intégration entre les régions et d’assurer une utilisation plus efficace des ressources publiques.
Des retards qui freinent l’investissement
Au cours des débats, les députés ont également attiré l’attention sur les retards enregistrés dans la réalisation des projets publics. Ils les attribuent aux délais de règlement des entreprises chargées de leur exécution. Une situation qui, selon eux, ralentit l’investissement et affecte l’activité économique.
Les députés ont, en outre, plaidé pour une approche davantage adaptée aux spécificités des différentes régions. Et ce, en tenant compte de leurs ressources naturelles, de leur capital humain et de leurs atouts concurrentiels. Ils ont également appelé à développer des systèmes économiques intégrés favorisant l’investissement, la création d’emplois et le renforcement de l’intégration économique entre les territoires.
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Un suivi renforcé de la mise en œuvre
Ainsi, les députés ont recommandé une révision des priorités du projet de plan à travers une classification des projets fondée sur leur rentabilité économique et sociale. Ils ont également demandé la mise en place d’indicateurs de performance clairement définis, accompagnés de mécanismes de suivi et d’évaluation destinés à faciliter la mise en œuvre du plan.
Enfin, ils ont estimé que le rapport de la Commission des finances et du budget devrait comporter des recommandations opérationnelles assorties d’un calendrier précis, afin de permettre à l’Assemblée des représentants du peuple de mesurer le niveau d’engagement du gouvernement dans l’application des programmes et des réformes prévus par le Plan de développement 2026-2030.