Le développement du commerce intra-africain s’est imposé comme l’un des principaux enjeux du salon International Food Show for Africa (IFSA), qui s’est achevé le 10 juin à Tunis. Face aux bouleversements géopolitiques mondiaux et aux défis liés à la sécurité alimentaire, les acteurs du secteur agroalimentaire africains plaident pour une accélération des échanges entre pays africains.
Réunis à la foire du Kram en Tunisie, industriels, exportateurs et représentants des chambres de commerce ont souligné plusieurs obstacles persistants, notamment le déficit d’infrastructures logistiques et le poids du secteur informel. Aliou Ndiaye, secrétaire général de l’Union des chambres de commerce du Sénégal, estime que l’amélioration des réseaux routiers et la formalisation des entreprises sont des conditions essentielles pour dynamiser les échanges continentaux.
Les intervenants ont également insisté sur la nécessité de renforcer la compétitivité des produits africains. Malgré les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), les marchés continueront de privilégier les produits importés si ceux-ci restent plus compétitifs en termes de prix et de qualité.
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Pour sa part, l’Algérie, premier partenaire commercial africain de la Tunisie, a mis en avant les projets d’infrastructures destinés à faciliter les échanges régionaux. Tunis entend toutefois diversifier davantage ses partenariats sur le continent, notamment grâce à l’Initiative du commerce guidé, qui simplifie les procédures douanières et compte désormais 15 pays membres, avec l’arrivée récente du Maroc et de l’Afrique du Sud.
En dépit de ces avancées, le commerce intra-africain demeure limité et ne représente encore que 16 % des échanges commerciaux du continent.