La Banque centrale de Tunisie (BCT) a maintenu son taux directeur à 7 %, une décision que l’économiste Aram Belhadj juge particulièrement prudente pour la relance.
Dans une analyse livrée à L’Économiste Maghrébin, M. Belhadj regrette qu’il n’y ait pas eu une éventuelle baisse du taux directeur. Il explique cette décision par les risques inflationnistes anticipés par l’institution d’émission.
Il concède néanmoins que cette décision est « sage » au regard du contexte géopolitique et économique mondial qui pèse sur l’économie tunisienne. L’économiste est sans équivoque : un relèvement du taux, dans les circonstances actuelles, aurait inutilement compliqué les perspectives de reprise. Mais l’absence de baisse, souligne-t-il, n’en est pas moins problématique. « Si elle avait augmenté le taux directeur, la situation se serait compliquée pour les perspectives économiques. Mais en ne le baissant pas, elle persiste dans une lecture trop attentiste de la conjoncture », explique-t-il.
Au-delà du seul taux directeur, l’économiste appelle à une action coordonnée entre la BCT et le gouvernement. Il préconise un ciblage plus actif du crédit, notamment en faveur des petites et moyennes entreprises (PME) et des secteurs porteurs de croissance. « La Banque centrale, aux côtés du gouvernement, peut faire beaucoup en matière de ciblage du crédit et de soutien, surtout au profit des PME et des promesses de croissance », affirme-t-il.
En maintenant son principal instrument monétaire à 7 %, la BCT privilégie donc la lutte contre l’inflation. Mais pour Aram Belhadj, bien qu’il considère ce choix conservateur comme compréhensible, il risque de peser lourdement sur la reprise, en particulier pour les acteurs économiques les plus vulnérables, faute d’un signal fort en faveur du financement de l’économie réelle. Il précise enfin que la prochaine décision concernant le taux directeur dépendra de la persistance de la situation géopolitique et économique, et que l’état actuel ne permet pas d’envisager une révision à la baisse.