Les marchés turcs ont subi de fortes pressions après la décision de la Cour administrative d’appel d’Ankara de destituer le chef du principal parti d’opposition, le CHP, et de réintégrer Kemal Kılıçdaroğlu à la tête du parti. Cette décision a entraîné une chute de la Bourse de 6,1 %, une hausse des primes de risque et des interventions des banques publiques pour soutenir la livre turque.
Dans le même temps, le CDS à cinq ans (Credit Default Swap 5 ans) a augmenté de 12 points de base pour atteindre 253 points, tandis que les rendements des obligations d’État ont augmenté quelle que soit leur durée.
En conséquence, les banques publiques turques sont intervenues pour stabiliser la livre turque, selon des informations provenant de cambistes citées par Bloomberg.
Les banques d’État ont vendu pour environ 6 milliards de dollars afin de soutenir la livre turque dans les heures qui ont suivi la décision. Selon certaines estimations de marché, le montant total des interventions s’élève à près de 9 milliards de dollars.
Dans la matinée de vendredi 22 mai, l’indice a progressé de 1,9 %, tandis que la livre s’échangeait à 45,74 pour un dollar, en baisse de 0,34 %.
Cela laisse penser que les turbulences initiales des marchés se sont quelque peu apaisées, mais l’incertitude demeure, les investisseurs s’interrogeant encore sur la nature de la crise : choc passager ou instabilité politique plus profonde ? L’évolution du conflit avec le principal parti d’opposition turc déterminera le cours des actifs turcs dans les prochaines semaines.