La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a déclaré qu’elle compte élaborer un budget supplémentaire sans trop recourir à l’émission d’obligations d’État pour le financer.
« Il est difficile de le dire pour le moment, mais nous prévoyons d’avoir un excédent dans les comptes le mois prochain ou le mois suivant, nous n’avons donc pas forcément besoin d’émettre un grand nombre d’obligations d’État », a déclaré Mme Takaichi, mercredi 20 mai lors d’un débat télévisé de son parti, rapporte Bloomberg.
Cette déclaration intervient quelques jours après un changement radical de politique budgétaire opéré par Sanae Takaichi, qui a annoncé la mise en œuvre d’un plan de dépenses destiné à financer des mesures visant à atténuer l’impact économique négatif du conflit au Moyen-Orient. Sachant qu’elle s’était jusqu’alors abstenue de se prononcer sur la nécessité d’un tel plan.
Le gouvernement a déjà élaboré une série de mesures pour aider les ménages à faire face à la hausse des coûts de l’énergie. Le budget supplémentaire prévu devrait financer les mesures d’aide d’urgence en cours plutôt qu’un plan de relance économique.
« Nous entendons protéger la vie et les entreprises des citoyens en limitant autant que possible l’émission d’obligations d’État », a-t-elle souligné. Cependant, elle a refusé de commenter le montant du budget. Tout en affirmant qu’il était encore trop tôt pour faire des estimations…
L’annonce d’un budget supplémentaire a suscité des inquiétudes quant à la politique budgétaire de Mme Takaichi. Ce qui a contribué à la hausse des rendements des obligations d’État et pesé sur les marchés boursiers cette semaine.
Ainsi, le rendement de l’obligation à 20 ans a atteint 3,78 % mardi 19 mai, son plus haut niveau depuis 1996. Et ce, sous l’effet d’une vente massive d’obligations à l’échelle mondiale, des pressions inflationnistes et des préoccupations locales. L’indice Nikkei 225 a reculé quant à lui chaque jour cette semaine, prolongeant de la sorte sa série de baisses à cinq séances consécutives.
Par ailleurs, la Première ministre a déclaré qu’elle prévoyait de rétablir les subventions énergétiques de juillet à septembre. L’objectif étant de garantir que les factures d’énergie des ménages soient inférieures à celles de l’année dernière.
Le financement des mesures d’aide liées au conflit au Moyen-Orient n’est qu’un des domaines de la politique budgétaire particulièrement scrutés. Plus tôt cette année, Sanae Takaichi a envisagé d’accélérer les discussions sur une éventuelle suspension des droits d’accise sur les produits alimentaires et les boissons. Côté dépenses, elle a également plaidé pour une augmentation du budget de la défense.
Enfin, elle s’est félicitée de la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping la semaine dernière. Affirmant que la communication entre les deux pays est cruciale pour la stabilité de la région. Alors que les relations avec la Chine restent tendues suite aux propos tenus par Mme Takaichi au Parlement l’année dernière concernant Taïwan, elle a réaffirmé que la communication avec la 2ème économie mondiale demeurait importante pour le Japon. « Le Japon est toujours ouvert au dialogue avec la Chine », a-t-elle souligné.