Dans le nouveau Chandler Good Government Index 2026, la Tunisie se positionne au 105ème rang sur 133 pays. Si le continent africain enregistre des progrès généralisés, la performance tunisienne est paradoxale. Elle illustre à la fois des avancées dans les services publics et des défis structurels qui freinent son ascension vers une gouvernance plus efficace.
Le Chandler Good Government Index 2026 met en lumière une réalité contrastée pour la Tunisie. Inscrite au 16èmerang africain et 105ème au niveau mondial, la Tunisie bénéficie des progrès observés à l’échelle du continent. A savoir que : 71% des pays africains ont amélioré leur score par rapport à 2025; et six des sept piliers de l’indice affichent des gains moyens. Ces tendances positives reflètent des efforts visibles dans la prestation de services essentiels santé, éducation et services publics. Lesquels sont des domaines prisés par l’indicateur « Capacité à favoriser l’épanouissement des citoyens ».
Pour la Tunisie, ces points forts doivent être lus à la lumière des défis structurels que met en évidence l’indice. Les piliers « Solidité des lois et des politiques publiques » et « Institutions fortes » restent déterminants pour sortir d’une position moyenne. Des performances plus robustes en matière d’État de droit, de qualité du système judiciaire, de coordination administrative et de capacité de mise en œuvre des projets permettraient d’améliorer durablement le score national.
En outre, la Tunisie montre des atouts, avec : un capital humain qualifié; une société civile active; et des acquis institutionnels. Mais l’efficacité dépendra de la capacité à transformer ces ressources en réformes opérationnelles mesurables.
Sur le plan budgétaire, l’amélioration régionale dans « Gestion responsable des finances » est un signal encourageant. En effet, même dans un contexte de contraintes, certains gouvernements stabilisent leurs finances et priorisent les dépenses sociales. Pour la Tunisie, la focalisation sur l’efficacité des dépenses publiques, la transparence budgétaire et la lutte contre la fragmentation des politiques publiques est une voie d’amélioration à court terme. Des réformes ciblées, dont le renforcement des capacités de planification, la digitalisation des procédures financières, une meilleure gouvernance des investissements publics, pourraient accroître la confiance des citoyens et des investisseurs.
La Tunisie n’est pas en retard faute de ressources humaines ou d’expertise. Toutefois, elle doit convertir ses atouts en réformes opérationnelles et mesurables. Le Chandler Index 2026 offre donc un signal d’alarme et une opportunité. Ainsi, cela revient à transformer les progrès sectoriels en gains structurels pour améliorer l’efficacité gouvernementale et, in fine, les conditions de vie des citoyens.