Les importations de panneaux solaires « Made in China » ont connu une hausse en Afrique, passant de 12,7 GW en 2024 à 18,8 GW en 2025, soit une augmentation de 48%. Telle est l’annonce du rapport Global Electricity Review 2026 publié le 21 avril par Ember.
Ce volume triple la capacité du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (5,15 GW). Longtemps dominée par l’Afrique du Sud, la demande se diversifie : 15 pays ont importé plus de 0,3 GW, avec l’Égypte (2,3 GW, +130 %) et l’Algérie (2,1 GW, x6) en tête, suivis du Nigeria, de la RD Congo et de l’Afrique du Sud (plus de 1 GW chacun).
Il convient de noter que selon le dit rapport, Pékin redirige ses exportations vers l’Afrique face aux droits de douane américains et européens. Ainsi les prix attractifs des panneaux chinois varient entre -20 et -30% et dopent cet engouement. C’est à dire qu’ils sont moins chers que les concurrents asiatiques, selon Terje Osmundsen d’Empower New Energy. De ce fait, dix autres nations comme le Maroc, le Kenya, le Sénégal, la Tunisie ou le Cameroun dépassent 0,3 GW.
Le solaire, champion mondial de la transition
À l’échelle globale, le solaire couvre 75 % de la hausse de la demande électrique en 2025, avec une production record de 2 778 TWh (+30 %, +636 TWh). Il représente désormais 8,7 % du mix mondial, devant l’éolien (8,5 %). Ce rapport d’Ember souligne l’accélération de la transition énergétique africaine.
Les disruptions fossiles de 2026 et le virage renouvelable mondial dominent le rapport Global Electricity Review 2026 d’Ember. Les conflits au Venezuela, puis au Moyen-Orient ont exposé les vulnérabilités des chaînes d’approvisionnement fossiles, après les chocs de 2022 (Ukraine) et la stagnation fossile de 2025.
Tournant des renouvelables en 2025
Pour la première fois hors crise économique majeure, la production fossile s’est figée. Tandis que le solaire et l’éolien ont couvert toute la croissance de la demande électrique mondiale. Le solaire a représenté 75 % de cette hausse (production à 2 778 TWh, +30 %), atteignant 8,7 % du mix global devant l’éolien (8,5 %). Les batteries, en baisse de coûts, étendent le solaire au 24/7, comme en Australie et au Chili, repoussant les fossiles des heures de pointe et stabilisant les réseaux.
Impacts mondiaux, que sait-on?
En Chine et en Inde, les renouvelables couvrent désormais toute la demande croissante, boostant l’industrie, les data centers et l’IA. L’Asie, touchée par la crise actuelle, pourrait suivre l’Europe post-2022 dans la décarbonation accélérée des importations fossiles (gaz, charbon, pétrole affectant 75 % de la population mondiale).
Qu’en est-il pour la Tunisie?
La Tunisie émerge comme 6e importatrice africaine de panneaux solaires chinois (655 MW entre juillet 2024 et juin 2025), derrière l’Égypte, l’Algérie et le Maroc (plus de 850 MW chacun), confirmant son accélération solaire via des projets comme Tozeur (20 MW opérationnels) et des appels d’offres (ex. : 198 MW à El Khobna). L’Afrique du Nord bénéficie de ce boom continental (18,8 GW importés en 2025), avec les renouvelables surpassant le charbon sur le continent grâce au solaire et à l’hydrogène.