L’Autorité de contrôle de la microfinance (ACM) lance quatre nouvelles injonctions contre quatre institutions de microfinance, les enjoignant à réduire respectivement de 525, 350, 300 et 450 points de base leurs taux d’intérêt nominaux annuels applicables aux microfinancements offerts à leurs clients.
L’ACM indique que cette décision s’inscrit dans le cadre de l’exercice de son mandat de « surveillance des tarifications appliquées par les institutions de microfinance », après que deux premières injonctions ont été adressées au cours du troisième trimestre 2025 à deux autres institutions, les sommant de réduire de 350 et 325 points de base leurs taux d’intérêt.
La baisse imposée aux quatre institutions n’est pas arbitraire, précise l’ACM, mais résulte d’une analyse approfondie des déterminants de leurs tarifications, formalisée dans un rapport détaillé communiqué à chacune d’elles. En effet, cette étude a révélé que trois des quatre institutions appliquaient des charges disproportionnées par rapport aux services fournis, répercutées sur leurs clients via des taux d’intérêt nominaux annuels jugés par l’ACM comme « excessifs et inéquitables », justifiant ainsi la réduction imposée.
La réduction des taux a été déterminée sur la base d’une estimation objective des charges jugées excessives par l’ACM. Cette analyse a permis de convertir l’excédent de coûts en points de pourcentage, aboutissant à une baisse équitable de 5,25% pour la première institution, 3,5% pour la deuxième et environ 3% pour la troisième, à retrancher des taux d’intérêt nominaux annuels précédemment appliqués à leurs clients.
À la différence des trois premières institutions, la quatrième a fait montre d’une maîtrise exemplaire de ses charges opérationnelles. Néanmoins, elle a été épinglée par l’ACM en raison de son refus implicite de répercuter sa performance financière exceptionnelle sur les taux appliqués à ses clients, qui restaient exposés à des taux de sortie, jugés disproportionnés par l’Autorité.
Cette institution de microfinance a été sommée par l’ACM de réduire, sans délai, le taux d’intérêt nominal annuel applicable au titre des microfinancements destinés aux activités génératrices de revenu à concurrence de 4,5%, soit un taux qui correspond à la valeur de l’excès inédit de rendement de ses capitaux propres et de ses actifs, méticuleusement estimé et converti par l’ACM en points de pourcentage.